Vers une baisse des aides européennes : les Restos du cœur craignent des "catastrophes"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
La menace d'une division par deux du Fonds européen d’aide aux plus démunis pourrait se répercuter durement sur le budget de nombreuses associations.
REPORTAGE

Un repas sur trois distribué par les Restos du cœur est financé par l’Union européenne, soit 25 millions d’euros issus du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD). Il s’agit d’une idée de Coluche, le fondateur des Restos, qui avait demandé en 1986 aux eurodéputés "d’ouvrir les frigos de l’Europe". Mais à partir de 2021, cette aide pourrait être divisée par deux, ce qui ne manque pas d’inquiéter les associatifs.

À Rungis, se trouve le plus grand site de stockage des Restos du cœur, un hangar de 4.400 m2, avec des palettes remplies de boîtes de conserve, de packs de lait ou de produits d’hygiène. Certaines marchandises arborent une petite étiquette, qui indiquent qu’elles ont été payées par l’Union européenne.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"Les packs de lait, tout ce qui concerne les conserves de poisson, les couches, les produits pour bébé… si on n’avait pas l’Europe, si cette subvention s’arrêtait, on ne pourrait pas livrer un quart des repas toute l’année", explique au micro d’Europe 1 Thierry Jacques, le responsable de cet entrepôt. "Actuellement, on livre 130 millions de repas, et bien on ne pourra plus en livrer entre 30 et 40 millions. C’est colossal."

Une menace pour de nombreuses familles

L’aide fournit par le FEAD ne concerne pas que les Restos du cœur, mais aussi d’autres associations comme le Secours populaire, la Croix-Rouge ou la Banque alimentaires. "Une famille à qui l’on dit : désolé, on ne peut pas vous aider, c’est une catastrophe pour elle", relève Denis Lacrampe qui gère les stocks au Restos du cœur. "Dire que le budget risque de baisser substantiellement, c’est se dire que le nombre de familles aidées risque aussi de baisser substantiellement."

Dans toute l’Union européenne, 16 millions de personnes en situation de grande précarité bénéficie de cette aide. Mécaniquement, si elle est divisée par deux, cela pourrait toucher huit millions de personnes.