De plus en plus d’associations caritatives victimes de cambriolage : pourquoi sont-elles particulièrement ciblées ?

Les signalements se multiplient d'année en année, les associations caritatives sont de plus en plus visées par des cambriolages en France. Ces œuvres de charité ont la particularité d'être souvent peu protégés face aux voleurs. Ces malfrats touchent fortement au moral des bénévoles et des bénéficiaires au delà des préjudices financiers.
L'Emmaüs de Saumur le 10 mars, le 12 février dans les Restos du cœur d'Avrillé ou encore le 23 février au Secours populaire de Gardanne, les exemples d'associations caritatives visées par des vols et des cambriolages se multiplient à travers tout le territoire. Ces exemples ne sont pas isolés car la méthode des voleurs est très rôdée. Ces derniers visent particulièrement ces lieux puisque la sécurité y est généralement dérisoire.
Si les gains financiers ne sont pas aussi importants que pour d'autres entrepôts, les associations caritatives présentent l'avantage d'être peu sécurisées pour les voleurs. Ce sont souvent de simples cadenas qui se dressent devant ces personnes malveillantes. Une méthode qui ne semble pas alerter Farida Benchaa, secrétaire générale du Secours populaire, auprès de TF1 : "Le Secours populaire n'a pas vocation à fermer ses portes et surtout à ce que ça devienne un sanctuaire. On est sur des valeurs de respect, des valeurs de solidarité, d'entraide. C'est ça qui doit nous animer".
Des bénévoles combatifs mais écœurés
Alain Lollier, responsable des Restos du cœur à Avrillé, a fait part de son écœurement auprès de Ouest-France : "Je ne suis pas en colère, mais écœuré, car on essaye de faire tout ce qu’on peut pour aider les personnes en difficulté". À Gardanne, des familles ont ainsi perdu l'opportunité de partir en voyage à cause de ce cambriolage.
Si la plupart des sites touchés ont perdu principalement des denrées alimentaires, les montants peuvent atteindre des sommes importantes comme à Aubagne où des centaines de jouets avaient été dérobées au Secours populaire pour un montant évalué à 420.000 euros. Face à cette multiplication des cas, certaines associations ont décidé de se munir de détecteurs de mouvements et de caméras afin de décourager les cambrioleurs.