Les opposants au projet de loi antiterroriste appellent à manifester dimanche

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Le projet de loi vise à remplacer le régime exceptionnel de l'état d'urgence. © Michel Euler / POOL / AFP
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Plusieurs syndicats et associations appellent à manifester dimanche contre la future loi antiterroriste, qui doit remplacer le régime exceptionnel de l'état d'urgence.

Les opposants au projet de loi antiterroriste du gouvernement appellent à manifester dimanche, notamment à Paris, Nantes, Strasbourg et Nice, contre "l'instauration d'un état d'urgence permanent" avant l'examen du texte prévu mi-septembre à l'Assemblée nationale. Parmi les signataires de cet appel figurent une centaine d'associations, syndicats et organisations dont les syndicats de la magistrature (SM) et des avocats de France (SAF), la ligue des droits de l'Homme (LDH), la CGT insertion-probation, la Cimade, le MRAP, Droit au logement, l'Observatoire international des prisons (OIP) ou encore Europe Écologie les Verts (EELV) et le parti de gauche.

"Les dérives de ce projet". À Paris, la manifestation, placée sous le mot d'ordre "n'enterrez pas nos libertés", partira symboliquement du cimetière du Père Lachaise à 15h pour rejoindre la place de la République. Le projet de loi, destiné à prendre le relais au 1er novembre du régime exceptionnel de l'état d'urgence en inscrivant dans le droit commun certaines de ses mesures, doit être discuté à partir de mi-septembre à l'Assemblée nationale. "Nous voulons sensibiliser les citoyens sur les dérives de ce projet qui porte atteinte à des fondements de notre démocratie", a expliqué mercredi la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature Laurence Blisson.

"Un projet de loi dangereux pour tous". "Le gouvernement prétend qu'il faudrait se sentir terroriste pour être" atteint par ce texte, "c'est faux, c'est un projet de loi dangereux pour tous", a encore dénoncé la magistrate. Selon elle, l'instauration de périmètres de protection dans des zones susceptibles d'être exposées à un risque terroriste seront demain "utilisés pour mieux contrôler les mouvements sociaux" et les contrôles accrus aux frontières "surtout efficaces dans la politique d'immigration". "Et puis, il y a cette importation de la logique de l'état d'urgence dans le droit commun qui permettra, sur décision du ministère de l'Intérieur ou d'un préfet, de perquisitionner ou d'assigner à résidence" des personnes qui ne sont pas mises en cause par la justice antiterroriste.