Le vélo révolutionne-t-il vraiment la mobilité urbaine ?

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ENQUÊTE - 10.000 nouveaux vélos électriques débarquent mercredi en Île-de-France. Ils viennent s’ajouter aux 4.000 Jump d’Uber et aux 6.000 Vélib électriques. Il y a aussi quelques propositions locales sur le plateau de Saclay, en Essonne ou encore dans les Yvelines, sans oublier toutes celles qui existent en région comme à Bordeaux, Lyon ou encore Marseille. Mais cela change-t-il réellement nos comportements ? La réalité est-elle au niveau des promesses et des attentes ? Une enquête Europe 1 de Virginie Salmen.
ENQUÊTE EUROPE 1

10.000 vélos supplémentaires arrivent mercredi sur les routes d'Île-de-France. Véligo, des vélos électriques en location pour 6 mois à 40 euros par mois, est lancé par la région, le jour même du réexamen du projet de loi d'orientation des mobilités au parlement. Il y a déjà une large offre de vélos en libre service en région parisienne : 15.000 Vélib, 4.000 Jump ou encore les vélos électriques rouges d'Uber. Est-ce que le vélo est en train de changer la mobilité dans les grandes villes de France ? Virginie Salmen a mené l'enquête pour Europe 1.

Le chiffre national n’est pas spectaculaire puisque 2 à 3% des trajets, seulement, se font aujourd'hui à vélo. En revanche, le phénomène progresse dans certaines grandes villes. Bordeaux par exemple, ville au départ très routière, a réussi à devenir une métropole du vélo en 20 ans. Dans cette ville, le chiffre des trajets à vélo grimpe à 12%.

Les Parisiens rattrapent un énorme retard

Même chose pour Grenoble et bien sûr Strasbourg, où environ 15% des trajets se font à vélo. A Paris, le chiffre tombe à 5% contre 10% pour la voiture. Depuis un an, toutefois, sur les capteurs de passage qui comptent le nombre de vélos par jour sur les grands axes, il y a une augmentation de 50% en moyenne !

Cela ne signifie pas pour autant que le vélo envahit tout l'espace public. C'est plutôt que les Parisiens rattrapent un énorme retard depuis les années 90 où la capitale était en tout-voiture. A la sortie Ouest de Paris, sur une piste cyclable, Elise, la cinquantaine, s'est mise au vélo depuis 2 semaines : "Il y a trop de monde sur les lignes de métro et j'avais envie de pratiquer du sport au quotidien, ce qui est chose faite maintenant". Les autres cyclistes pédalent pour "le plaisir du vélo" ou parce que "c'est plus agréable que le métro".

Le trajet moyen à vélo oscille entre 1 et 5 kilomètres. Mais dès que l'on passe au vélo électrique, la distance augmente : entre 8 et 10 kilomètres. Et au sujet de l'indemnité kilométrique que les entreprises peuvent payer à leurs salariés, elle n'a quasiment aucun impact. 

D'abord car ce n'est pas une obligation pour les employeurs et ensuite parce que seuls 1% des salariés français en bénéficient, souvent employés dans des grandes entreprises. L'objectif du plan vélo du gouvernement est de multiplier par 3 la part du vélo dans les déplacements quotidiens d'ici 2024, donc de passer de 3 à 9% des trajets qui se font à vélo.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Maxime Dewilder