Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique mardi

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Le Parlement britannique va se prononcer sur l'accord de Brexit mardi.
Le Parlement britannique va se prononcer sur l'accord de Brexit mardi. © AFP PHOTO /MARK DUFFY / UK PARLIAMENT
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Le Parlement britannique votera mardi à 20 heures (heure de Paris) pour adopter ou rejeter l'accord de sortie de l'Union européenne négocié avec Bruxelles, un vote dont l'issue est plus qu'incertaine.

Le sort du Brexit est suspendu au vote mardi des députés britanniques, qui se prononceront dans la soirée sur l'accord de divorce conclu avec Bruxelles, à moins de trois mois de la date prévue de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Vers une entrée "en territoire inconnu" ? Si les députés se prononcent en faveur du texte, le Brexit sera effectif le 29 mars à minuit (heure française), et Londres et Bruxelles pourront commencer à discuter de leur future relation commerciale après une période de transition prévue pour durer jusque fin 2020 et censée adoucir la rupture après 40 ans de mariage.

Mais dans l'éventualité, jugée plus que probable, d'un rejet, le pays entrera "en territoire inconnu", a prévenu de la Première ministre Theresa May. Elle a mis en garde contre une sortie sans accord ou même le maintien du pays au sein de l'UE.

Un accord largement débattu. Le vote, prévu à partir de 20 heures (française), met fin à une période de tractations et d'agitation intenses dans la classe politique britannique. Celle-ci a été incapable de se mettre d'accord sur quel Brexit mettre en oeuvre, entre partisans d'une rupture nette et ceux qui souhaitent au contraire le maintien de liens étroits.

L'UE ne souhaite pas de "filet de sécurité" entre les Irlande. Lundi, Downing Street a publié une lettre signée par le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans laquelle ils affirment que l'UE "ne souhaite pas" que la disposition controversée du "filet de sécurité" (ou "backstop" en anglais) entre en vigueur, et que dans l'éventualité ou celle-ci devait être appliquée, elle le serait "seulement de manière temporaire".

Cette option de dernier recours prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE pour éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, si aucune solution alternative n'était trouvée à l'issue de la période de transition. Elle est particulièrement décriée par les "Brexiters", qui y voient une forme d'amarrage à l'UE pour une période indéfinie.

Theresa May en difficulté dans son propre parti. Mais les assurances européennes n'ont pas convaincu. "Il n'y a rien de nouveau, rien n'a changé", a déploré Nigel Dodds, député du parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP. Or le soutien du DUP est indispensable à Theresa May pour disposer d'une majorité absolue au Parlement. Au sein du Parti conservateur de Theresa May, les appels à rejeter l'accord se sont multipliés. "La seule manière d'obtenir une modification de l'accord de retrait, une modification négociée, consiste à rejeter l'accord actuel", a soutenu l'ancien ministre du Brexit Dominic Raab, qualifiant le texte de "médiocre".

Une date de sortie repoussée ? Mais face à l'hostilité des députés, la dirigeante britannique n'a pas pu écarter totalement l'hypothèse d'un report de la date du Brexit. "Je ne crois pas que la date du 29 mars doive être retardée", mais "certains ont l'intention de trouver un moyen d'empêcher" la mise en oeuvre du Brexit, a-t-elle concédé lundi au Parlement. Cette éventualité, de plus en plus évoquée par des députés britanniques, bénéficierait de soutiens côté européen. À Strasbourg, plus de 100 députés européens se sont engagés lundi à soutenir un report de la date si le Royaume-Uni le réclame, si cela peut éviter un divorce sans accord, dans un courrier destiné aux Britanniques.