Le chef indigène brésilien Raoni débute sa tournée européenne pour défendre l'Amazonie à Paris

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Raoni, Brésil crédit : YASUYOSHI CHIBA / AFP - 1280
Le chef indigène Raoni démarre sa tournée européenne par une rencontre en France avec le président Macron pour alerter sur la déforestation de l'Amazonie. © YASUYOSHI CHIBA / AFP
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Le légendaire chef indigène brésilien Raoni se rend en France pour débuter sa tournée européenne au cours de laquelle il va rencontrer des chefs d'États pour alerter sur la déforestation de l'Amazonie.

Le légendaire chef indigène brésilien Raoni est parti dimanche pour Paris où il entamera une tournée de trois semaines en Europe pour y rencontrer des dirigeants d'États, des célébrités ainsi que le pape François pour alerter sur la déforestation de l'Amazonie.

L'ancien cacique du peuple Kayapo, qui a acquis une notoriété internationale ces dernières décennies, tentera de collecter un million d'euros pour la protection de la réserve de Xingu, foyer de plusieurs communautés autochtones du Brésil, face aux menaces que font peser sur elle les exploitations forestières et les industries agroalimentaires.

 

Des rencontres avec des dirigeants européens

Raoni Metuktire, dont la lutte pour la défense de l'Amazonie brésilienne est soutenue au plan international par des personnalités comme le chanteur Sting, est accompagné par trois autres dirigeants indigènes qui vivent au Xingu. Ils rencontreront notamment le chef de l'État français Emmanuel Macron, son ministre de l'Environnement François de Rugy, puis iront en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco, en Italie et au Vatican, où un entretien est prévu avec le pape, selon l'association Forêt Vierge dont le siège est à Paris et dont Raoni est le président honoraire. Les fonds recueillis serviront à l'amélioration du marquage de la frontière de la vaste réserve de Xingu ainsi qu'à acheter des drones et d'autres équipements techniques pour en assurer la surveillance, a expliqué l'ONG. 

L'Amazonie et ses habitants menacés

Cette tournée intervient quelques mois après l'arrivée - en janvier - à la présidence du Brésil, notamment grâce au lobby de l'agroalimentaire, de Jair Bolsonaro, qui veut en finir avec ce qu'il appelle "l'activisme écologiste chiite". Illustration de son approche de la question indigène, le chef de l'État, un ancien militaire d'extrême droite, s'est demandé peu après son élection "pourquoi maintenir les Indiens reclus dans des réserves, comme des animaux dans un zoo ?".

La déforestation, qui avait baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, est repartie de plus belle en janvier : +54% par rapport à janvier 2018, d'après l'ONG Imazon. "Poumon de la planète", l'Amazonie compte un nombre impressionnant d'espèces : 40.000 de plantes, 3.000 de poissons d'eau douce, près de 1.300 d'oiseaux, 370 de reptiles.