Langues étrangères à l'école : toujours des faiblesses à l'oral

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Les petits Français ont fortement progressé depuis 2010, au primaire comme au collège, dans l'apprentissage des langues étrangères. Mais pas suffisamment pour être au niveau.
Les petits Français ont fortement progressé depuis 2010, au primaire comme au collège, dans l'apprentissage des langues étrangères. Mais pas suffisamment pour être au niveau. © MYCHELE DANIAU / AFP
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Les élèves français continuent de rencontrer de réelles difficultés pour s'exprimer dans une langue étrangère. En fin de collège, 75% n'arrivent pas bien à se faire comprendre en anglais.

Les élèves français sont nuls en langues ! Ce stéréotype est tempéré par une étude publiée jeudi soulignant qu'ils ont en fait fortement progressé depuis quinze ans dans la compréhension écrite, même si de grosses faiblesses persistent à l'oral

Des progrès en compréhension orale, mais pas encore assez. Cette étude du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) analyse les données de l'enquête "Cedre" de 2016, qui permet de mesurer les compétences des élèves en fin d'école et de collège. Il en ressort que les petits Français ont fortement progressé depuis 2010, au primaire comme au collège, et ont globalement de "bons résultats" en compréhension de l'écrit d'une langue étrangère. En compréhension de l'oral, le niveau s'améliore également, même si quatre élèves sur dix rencontrent encore des difficultés. En revanche, les élèves français continuent de rencontrer de réelles difficultés pour s'exprimer dans une langue étrangère : en fin de collège, 75% n'arrivent pas bien à se faire comprendre en anglais, 73% en espagnol et 62% en allemand.

 

Bien moins bons que les autres élèves européens. Leurs résultats restent ainsi bien inférieurs à ceux de leurs camarades européens : seuls 29% des 14-16 ans atteignent le niveau attendu en fin de collège. Parmi les pays qui réussissent le mieux, se distinguent la Suède et les Pays-Bas, mais aussi des pays d'Europe centrale comme la Hongrie. Ces pays ont débuté plus tôt l'enseignement des langues au primaire (dans les années 60 et 70), alors que la France a été l'un des derniers pays européens à le faire, au début des années 2000. En revanche aujourd'hui, elle fait partie des pays ayant le plus d'heures durant la scolarité obligatoire. Autre enseignement de l'étude : une évaluation des notes en langues au baccalauréat met en évidence des écarts importants en fonction de l'origine sociale des élèves.

"Les deux points de vigilance" dans l'acquisition des langues sont "le niveau à l'oral et les inégalités sociales", a ainsi souligné Nathalie Mons, présidente du Cnesco, en présentant cette étude.

Des recommandations. Afin d'améliorer le niveau des élèves français, plusieurs acteurs de terrain ont notamment préconisé de travailler l'oral de manière progressive, de la maternelle au lycée, par exemple en faisant écouter des chants et comptines en langues étrangères aux tout petits. Ils recommandent aussi de revoir le recrutement et la formation des enseignants, en remettant en place, au concours d'entrée de professeur des écoles, une épreuve de langues, qui avait été supprimée en 2007. Autre préconisation : repenser l'évaluation des élèves, en les incitant davantage à "se lancer" à l'oral, et à ne pas les juger en cas d'erreur.