LA QUESTION SEXO - Le confinement peut-il être néfaste au développement affectif de mon ado ?

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Dans l'émission "Sans Rendez-Vous", la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc répond à Sandrine, une mère inquiète de voir la première relation amoureuse de son fils de 15 ans stoppée par le confinement. L'adolescent étant de nature très timide, elle craint que cela n'affecte son développement affectif.  

>> Le confinement contre le coronavirus complexifie notre quotidien et nous interdit une multitude de choses. Il a un côté mécaniquement contraignant, voire frustrant, et cela peut être encore plus difficile à vivre lorsqu'il intervient dans la délicate période des premiers amours. Sandrine a un adolescent dans cette situation et s'inquiète des conséquences que cela pourrait avoir sur son développement affectif. Dans "Sans Rendez vous" ce lundi sur Europe 1, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc tient à la rassurer : "Une fois le confinement terminé, le ruisseau ira inévitablement vers l'océan." 

La question de Sandrine 

Mon fils de 15 ans est très timide et il n’était jamais sorti avec quelqu’un jusqu’à ce qu’il rencontre une fille, fin février. Cette histoire démarrait tout juste lorsque le confinement a été mis en place. Je suis inquiète pour lui et son développement affectif, que faire ?

La réponse de Catherine Blanc

"Sandrine a certainement peur que ce jeune homme, qui peinait à sortir de sa coquille, se trouve là une bonne excuse pour y retourner. Évidemment que c’est une question qui se pose et qui peut entraîner souvent l’inquiétude des mères, parce qu’elles craignent que d’un coup l’enfant manque d’assurance pour aborder le monde, nourrissent des peurs, et déprime. Au moment où il s’exerçait à une tentative de rencontre, il est ramené au foyer par la société. Le risque est effectivement qu’il pense que cet élan était coupable et qu’il en est puni.

Sandrine peut donc s’inquiéter sur l’interprétation que son fils pourrait faire de cet interdit, mais pas de sa timidité. Elle nous concerne tous : ou nous la bravons, ou nous l’écoutons trop. Quoi qu’il arrive, une fois le confinement terminé, comme le ruisseau, il ira inévitablement vers l’océan, comme nous tous.

Mais cet adolescent reste connecté au monde grâce aux réseaux sociaux, à notre époque ce n’était pas le cas

Oui, avant il fallait oser partir à l’aventure, c’était difficile. Mais ça reste le cas aujourd’hui, même si les réseaux sociaux permettent de se planquer. Le risque est que ce confinement le remette dans sa zone de confort. D’après ce que je comprends, Sandrine a remarqué que son fils à oser la rencontre, et il va pouvoir maintenir le lien avec cette jeune fille. Ça lui donnera de l’espace pour avancer petit à petit, échanger pour qu’il y ait plus de confiance dans sa relation, et avancer sans masque.

Sandrine précise qu’il n’a que 15 ans, il a encore le temps...

Bien sûr. Mais je pense que si elle dit ça, à moins qu’elle soit trop mère poule, c’est peut-être qu’elle craint une propension à un état un peu déprimé. Le confinement, et ça concerne tous les adolescents, c’est un moment où l’on risque de se retrouver dans une proximité anxiogène avec les parents. Donc soyons vigilants, mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Europe 1
Par Catherine Blanc, édité par Ugo Pascolo