À Villard-Saint-Sauveur, dans le Jura, la sécheresse oblige à multiplier les ravitaillements en eau potable par camions-citernes. La source qui alimente le hameau de La Pérouse est complètement à sec et l’absence prolongée de pluie accentue les difficultés. La facture pourrait approcher les 10.000 euros cet été pour cette commune de 600 habitants.
Chaque été depuis cinq ans, le même problème se répète à La Pérouse, l’un des neuf hameaux de Villard-Saint-Sauveur. Avec la sécheresse, la source montagnarde située au-dessus du hameau, qui alimente le château d’eau, finit par se tarir. Mais cette année, la situation se prolonge en raison du manque de pluie. Pour approvisionner la quarantaine d’habitants du hameau, dont le nombre augmente en période estivale avec l’arrivée des touristes et des familles, la commune doit acheter de l’eau à la commune voisine de Saint-Claude et l’acheminer par camions-citernes.
32 mètres cubes d’eau pour tenir une semaine
Sur les hauteurs de La Pérouse, le camion-citerne, ravitaillé en eau potable sur le réseau de la commune voisine de Saint-Claude, remplit le réservoir du château d’eau. Deux rotations sont nécessaires pour livrer 32 mètres cubes.
"La source s’est tarie au même moment que les autres années, mais le problème, c’est qu’il n’a pas replu depuis. On va décharger 32 mètres cubes, qui vont nous faire tenir jusqu’au maximum la fin de la semaine prochaine. On attend patiemment, on attend la pluie", explique Alain Rinaldi, maire de la commune de Villard-Saint-Sauveur.
Les habitants appelés à économiser de l'eau
En été, la consommation augmente avec l’arrivée des touristes et des familles. Les habitants sont donc appelés à économiser chaque litre d’eau.
Viviane, 74 ans, a adapté ses habitudes. "On fait beaucoup plus attention, mais il y en a d’autres pour qui ce n’est pas le cas, c’est bien dommage", insiste la retraitée, qui récupère notamment l’eau froide qui coule avant la douche pour l’utiliser dans ses toilettes. "Si tout le monde fait pareil, on pourra économiser quelques litres d’eau. Le moindre litre d’eau compte", souligne-t-elle.
Une facture qui pourrait approcher les 10.000 euros
Cette année, les ravitaillements se multiplient. Trois ont déjà été nécessaires, autant que sur tout l’été dernier. "Chaque opération coûte 1.500 euros à la commune, auxquels s’ajoute le prix de l’eau achetée à la commune voisine de Saint-Claude", détaille Alain Rinaldi. La facture atteint déjà 4.500 euros et pourrait encore grimper, alors qu’aucune pluie n’est annoncée avant au moins deux à trois semaines.
"Au minimum, on ne sera pas loin, je pense, des 10.000 euros cet été. Financièrement, c’est dur à supporter pour la commune, mais c’est une priorité de toute façon pour nous", poursuit Alain Rinaldi.
Un projet pourrait permettre d’éviter ces ravitaillements chaque été. La commune prévoit d’installer une nouvelle conduite de 1,5 kilomètre qui permettrait d’alimenter La Pérouse depuis le réseau de Saint-Claude. Le chantier, estimé à 500.000 euros, est déjà subventionné pour moitié. La commune doit encore trouver d’autres financements et espère lancer les travaux dès cet hiver.