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Sécheresse : le niveau du Rhin perturbe l’approvisionnement en carburant dans l’est de la France

L'essence sans plomb est nettement plus concernée que le gazole car "l'essence est essentiellement acheminée par voie fluviale", tandis que le gazole l'est par oléoduc. [SEBASTIEN BOZON / AFP]

La sécheresse exceptionnelle qui fait baisser le niveau du Rhin perturbe l’acheminement de carburant vers l’est de la France. Dans le Grand Est, 14% des stations sont en difficulté, avec des tensions particulièrement fortes en Alsace et dans les Vosges.

La sécheresse, qui réduit le niveau du Rhin, perturbe la remontée des navires jusqu'au port de Strasbourg, entraînant une pénurie d'essence dans de nombreuses stations de l'est de la France, selon des données officielles.

Vendredi, 14% des stations-services du Grand Est sont considérées "en difficulté", selon le site internet officiel prix-carburants.gouv.fr, c'est-à-dire qu'elles sont en rupture d'au moins un carburant. Au niveau national, seules 3% des stations sont dans ce cas.

 "L'essence est essentiellement acheminée par voie fluviale"

Mais la disparité est importante entre l'ouest et l'est de la grande région, l'Alsace et les Vosges étant plus affectées : dans le Haut-Rhin, le taux d'indisponibilité est évalué entre 25% et 50%, comme dans le département voisin du Territoire de Belfort, selon la carte publiée sur le site officiel.

L'essence sans plomb est nettement plus concernée que le gazole car "l'essence est essentiellement acheminée par voie fluviale", tandis que le gazole l'est par oléoduc, selon la préfecture du Bas-Rhin.

"Ca fait une semaine que ça dure", confie un employé d'une station TotalEnergies de la capitale alsacienne, en rupture de SP98. Selon lui, la situation dans sa station n'est pas encore dramatique, les automobilistes pouvant se rabattre sur le SP95. Mais d'autres stations n'offrent aucun des deux carburants.

En cause : la sécheresse qui a considérablement réduit le niveau du Rhin, par où transite habituellement l'essence consommée dans l'est de la France, en provenance des ports maritimes ou des raffineries du nord de l'Europe.

La hauteur d'eau est tombée lundi à 130 cm

Le grand fleuve européen est quasiment coupé à hauteur de Kaub, dans l'ouest de l'Allemagne, où la hauteur d'eau dans le chenal navigable est tombée lundi à 130 cm, un niveau jamais vu.

Résultat, les bateaux sont forcés de réduire leur chargement, tombé à 350 tonnes pour les bâtiments d'hydrocarbures, au lieu de plus de 1.500 tonnes en temps normal, explique à l'AFP Jean-Laurent Kistler, directeur du développement de Voies navigables de France (VNF) à Strasbourg.

Ce genre de problème s'est déjà produit par le passé, notamment en 2018 et en 2023, mais pas dans les mêmes proportions, souligne-t-il. "Le déficit de précipitations a commencé très très tôt dans l'année", dès juillet, au lieu du mois de septembre habituellement, explique M. Kistler.

"Le pic de canicule a été atteint"

Des pluies sont attendues à partir du week-end et de la semaine prochaine, mais le niveau du Rhin devrait regagner qu'une vingtaine de centimètres, avant de rebaisser, prévoit-il.

"Les premières tensions sur la navigabilité sont apparues au début du mois d'août", estime la préfecture, mais "les prévisions météorologiques et pluviométriques semblent indiquer que le pic de canicule a été atteint".

Si le transport fluvial rhénan est "fortement réduit", il ne s'agit pas "d'un arrêt total de la circulation des barges" et "le Rhin demeure une artère économique majeure", souligne la préfecture du Bas-Rhin.

Pour palier les difficultés du transport fluvial, les opérateurs "ont développé leur capacité d'adaptation reposant sur l'intermodalité", en transportant le carburant sur les réseaux ferroviaires et routier notamment, ajoute la préfecture.

En prévisions d'une circulation routière importante lors du week-end à venir, un arrêté préfectoral zonal facilitera le transport de carburant entre départements, selon la même source.