Sécheresse, fortes chaleurs et cours d’eau à sec : la situation devient particulièrement préoccupante en France. Dans le Rhône, le bassin versant de l’Yzeron est fortement touché, avec 30 kilomètres de cours d’eau à sec et des températures qui menacent directement la survie des poissons.
Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe la France, la sécheresse continue elle aussi de s’aggraver. Au 1er août, 1.373 petits cours d’eau étaient touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs, selon l’Office français de la biodiversité. Il s’agit de la situation la plus critique jamais observée à cette période, plus dégradée encore qu’en 2022 et deux fois plus sévère que l’an dernier.
"Une situation qu’on observe en fin d’été"
Les fortes chaleurs et la sécheresse fragilisent aussi les poissons de nos rivières. Dans le Rhône, plusieurs bassins versants sont désormais placés en crise sécheresse, le niveau d’alerte le plus élevé. C’est le cas du bassin versant de l’Yzeron. Sur les 150 kilomètres de cours d’eau du bassin versant, 30 kilomètres sont aujourd’hui complètement à sec.
Par endroits, l’eau a disparu de l’Yzeron, laissant apparaître dans la rivière du sable et des galets. "On est plutôt sur une situation qu’on observe en fin d’été, avec des linéaires de cours d’eau à sec qui sont le double de ceux qu’on observe pour une année normale sur cette même période", alerte Matthieu Hervé, directeur du SAGYRC, le syndicat chargé de l’aménagement et de la gestion du bassin versant.
Dans les rares poches d’eau restantes, les poissons se concentrent, explique-t-il, une sonde à la main. "Donc là, on est à une température supérieure à 26,7 degrés. C’est une température très élevée, par exemple incompatible avec la vie piscicole de la truite, qui n’arriverait pas à survivre ici. On a de l’eau qui, du fait qu’elle soit en très faible quantité, va se réchauffer, ce qui va réduire la quantité d’oxygène qu’on a dans l’eau et donc altérer aussi la capacité des espèces aquatiques à vivre dedans", précise Matthieu Hervé.
Restaurer les milieux aquatiques
Sur le long terme, le syndicat cherche à restaurer les milieux aquatiques : "On vient recréer ces diversités, laisser le bois, remettre du bois, remettre des matériaux qui viennent diversifier les écoulements, recréer des trous pour que lorsque le niveau d’eau descend, vous gardiez des trous par endroit où la faune et la vie piscicole puissent perdurer".
La préfecture a d’ailleurs renforcé les restrictions d’usage de l’eau. Une nécessité, rappelle Matthieu Hervé : en cette période de sécheresse, le moindre litre d’eau compte.