"Je ne voyais pas les conséquences" : au procès du Cuba Libre, les deux prévenus font profil bas

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© CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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"Je ne voyais pas les conséquences. Maintenant, oui", a notamment déclaré l'un des gérants du bar rouennais, dans lequel un incendie avait fait quatorze morts il y a trois ans. 

C'était il y a trois ans : 14 jeunes venus fêter un anniversaire au bar le Cuba Libre, à Rouen, mourraient asphyxiés au sous-sol dans un incendie. Le feu avait pris à cause des bougies sur le gâteau. Les jeunes sont restés prisonniers en bas car la porte de secours était verrouillée. Les gérants du bar sont jugés depuis lundi matin devant le tribunal correctionnel de Rouen. Devant la salle d’audience, ils ont été contraints de faire profil bas. 

À en croire leurs déclarations de lundi, ces gérants fonctionnaient un peu sur le principe du "pas vu, pas pris" pour tout ce qui concerne la gestion du bar, que ce soit le contrat de location gérance... ou l'aménagement non déclaré du sous-sol en piste de danse. L'un comme l'autre, les deux frères ont menti ou omis de déclarer cet activité par peur de voir leur bail résilié.

"Je me suis dit que ce n'était pas bien méchant"

"Je ne voyais pas les conséquences", a expliqué benoîtement le frère aîné. "Maintenant, oui", a-t-il ajouté devant la salle remplie de parties civiles. Le frère cadet a adopté peu ou proue la même attitude. Après un premier rappel à l'ordre des policiers, il dit avoir pensé : "Comme ils ne sont pas revenus nous voir, je me suis dit que ce n'était pas bien méchant".

Quelques phrases qui résument l'état d'esprit des deux prévenus : ils ont contourné la loi sans en mesurer les conséquences. Même si aujourd'hui leur attitude, consistant à faire profil bas, semble dire qu'ils ont pris conscience des drames qu'ils ont causé.