Huile de palme : "N’importons pas ce que l’on ne veut pas manger ou produire en France"

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Arnaud Rousseau, président de la Fédération des oléagineux et protéagineux, interpelle le gouvernement sur l'importation d'huile de palme par Total.

Les agriculteurs maintiennent la pression. Pour protester contre la concurrence de l’huile de palme importée sur le marché des biocarburants, le premier syndicat agricole, la FNSEA, et les Jeunes Agriculteurs, ont appelé leurs adhérents à occuper 14 dépôts de carburant. Ils protestent contre l'importation de 300.000 tonnes d'huile de palme par an, en provenance de Malaisie ou d'Indonésie, pour alimenter la bioraffinerie Total de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, qui doit démarrer cet été. Alors que l'agriculture française peut fournir davantage d'huile de tournesol ou de colza, mais plus chère.

Des qualités sanitaires et environnementales. "Quel modèle agricole voulons-nous en France et en Europe ? Une agriculture qui porte des standards de production élevés pour des qualités sanitaires et environnementales de durabilité ou un autre modèle ?" s'interroge au micro d'Europe 1, Arnaud Rousseau, agriculteur en colza, président de la Fédération des oléagineux et protéagineux (FOP). 

On vous résume en 1 minute : "Pourquoi des agriculteurs sont en colère"

"Remettons de la cohérence !" En France, qui a des "standards de production plus élevés", le colza et le tournesol dans les biocarburants coûtent en moyenne entre 15 et 20% de plus que l'huile de palme. "Nous ne sommes pas compétitifs, nous le savons", poursuit-il. Devant cette situation, il interpelle le gouvernement et en premier lieu, le ministre de l'Environnement, Nicolas Hulot. "Remettons de la cohérence ! On nous demande de la production plus locale, plus durable et de l’autre côté on voit arriver des produits, du palme, de la viande bovine et des fruits et légumes qui n’ont pas nos normes", pointe-t-il du doigt. 

Total n'est pas le seul responsable. Pour Arnaud Rousseau, Total n'est pas le seul responsable. "Total fait avec les moyens qui lui sont donnés par le gouvernement, c’est-à-dire les produits les moins chers", souligne-t-il. Il appelle désormais l'exécutif a avoir une "vision du développement de l'agriculture française dans un cadre mondial".

Europe 1
Par Dylan Gamba