Héliane a fait don de son corps à la science : "Je vais être utile à quelque chose"

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Pour des raisons financières et pour participer à faire avancer la recherche en médecine, Héliane a pris une décision : faire don de son corps à la science. Disant ne pas se soucier de ce que deviendra son corps, elle explique sa démarche au micro d’Olivier Delacroix, sur "La Libre antenne" d’Europe 1.
TÉMOIGNAGE

Il y a quelques années, Héliane a pris la décision de faire don de son corps à la science. Elle explique avoir fait ce choix pour deux raisons. Elle veut d’abord éviter que son fils ait à prendre en charge les frais de ses obsèques. Ayant fait deux AVC, elle souhaite aussi participer à faire avancer la recherche en médecine. Au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1, Héliane éclaire sa démarche et dit ne pas se préoccuper du sort de son corps.

" J’ai pris une décision il y a quelques années : je vais faire don de mon corps à la science. C’est très facile à faire, c’est gratuit. Je trouve que c’est la meilleure solution quand on ne veut pas dépenser trop d’argent. Les enterrements coûtent des milliers d’euros. Je n’ai qu’un fils, je n’ai pas de famille. Je ne veux pas que mon fils soit obligé de faire un crédit ou de dépenser des sommes folles pour mon enterrement. 

Je me suis dit que la meilleure solution était de faire don de mon corps à la science : c’est gratuit et je vais être utile à quelque chose. Les médecins pourront utiliser mon corps pour leurs recherches. J’y pensais depuis quelques années. Mon frère est décédé il y a trois ans. Il a voulu une crémation. Comme je suis sa seule famille, c’est moi qui ai pris en charge la facture de 4.000 euros. J’ai un côté très pratique, je ne fais pas dans les sentiments. Je veux éviter de coûter de l’argent à mon fils.

" Il y a très peu de gens qui le font "

Il faut écrire à la faculté de médecine de sa ville ou de son département pour leur dire que l’on veut faire don de son corps à la science. Il faut signer un accord de plusieurs pages et il faut aussi la signature de deux témoins. C’est tout. Après l’on reçoit une carte qui indique que l’on est donneur. J’ai reçu une lettre de la faculté de médecine. Ils me remerciaient de ma démarche parce qu’ils manquent de corps pour travailler. 

Il y a très peu de gens qui le font. Certaines personnes ont des restrictions morales et religieuses. Moi, je n’en ai pas. On est poussière et on retournera à la poussière. À partir du moment où je serai morte, ils feront ce qu’ils veulent de moi. Je serai plus concernée et je ne souffrirai pas. Ce n’est pas un problème pour moi. La mort touche plus ceux qui restent que ceux qui partent. 

 

Mes parents sont décédés il y a longtemps. Ils sont dans la même tombe. Quand mon frère est décédé, j’ai demandé que son urne soit scellée sur la tombe de mes parents pour regrouper la famille. J’ai demandé à mon fils, qu’à mon décès, il mette une plaque avec mon nom sur la tombe pour que je laisse une trace. J’ai demandé aussi qu’il indique sur la plaque que j’ai fait don de mon corps à la science. Tout le monde sera là. 

La deuxième raison pour laquelle je l’ai fait, c’est que j’ai fait deux AVC à trois ans d’intervalle. J’ai subi plusieurs examens. Les médecins m’ont étudiée sous toutes les coutures et ils n’ont jamais trouvé l’origine de mes AVC. C’est rare. Je suis un cas d’école. À mon décès, ils pourront aller voir dans mon cerveau ce qu’il s’est passé. Je pourrai servir à faire avancer la science au sujet des AVC. Ils seront contents de m’avoir. "

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin