Retraites : des manifestants moins nombreux, mais déterminés à "ne rien lâcher"

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© ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
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Si les manifestations contre la réforme des retraites étaient mardi plus clairsemées que lors de la première journée de mobilisation, la détermination des manifestants est restée intacte. Quelle que soit leur profession, les anti-réforme des retraites veulent aller jusqu'au retrait du projet, et sont prêts à ce que le mouvement dure longtemps.
REPORTAGE

Partout en France, la mobilisation était en repli. Et Paris n'a pas fait exception. Que ce soit le chiffre de la CGT - 180.000 manifestants -, ou celui des autorités - 31.000 -, une chose est sûre : la mobilisation parisienne contre la réforme des retraites a eu moins de succès que lors du premier jour de manifestations, jeudi. Mais il suffit d'écouter les slogans pour s'apercevoir que le mot d'ordre, "on ne lâche rien", est toujours d'actualité. Le futur système de retraite à points fait toujours l'unanimité... contre lui, quelle que soit la profession. Reportage.

"On se moque du monde"

"On en a un peu marre que nos collègues de la RATP et de la SNCF servent de punching-ball au gouvernement pour dire que tout est de la faute des régimes spéciaux", s'emporte au micro d'Europe 1 William, secrétaire général de la CFE-CGC Énergie, présent dans le cortège, entre Invalides et Denfert-Rochereau. "C'est loin d'être le cas puisque les régimes spéciaux ne représentent qu'1,5% des actifs et 3% des retraités", détaille le syndicaliste, qui assure par ailleurs : "On sera là aussi souvent que nécessaire".

De la détermination, mais aussi un brin de colère chez certains manifestants : "On se moque du monde", lance Myriam, professeure dans un collège en Seine-Saint-Denis. "Il va falloir nous expliquer comment, en nous augmentant, peut-être de 50 euros par mois, cela va compenser ce qu'on va perdre sur nos futures retraites si ce projet passe". Enseignants, mais aussi salariés, tous en sont persuadés, "la mobilisation va durer".

"Je ne crois pas à la magie, j'attend la raison"

Cette certitude est d'ailleurs partagée par les leaders syndicaux : "Je ne crois pas à la magie, j'attend la raison", tacle Yves Veyrier, secrétaire général de FO en référence aux récents propos d’Édouard Philippe. "On doit laisser de côté ce qui est une très mauvaise idée", poursuit le leader de Force Ouvrière au micro d'Europe 1. "Ce gouvernement n'arrive pas à convaincre après deux ans de concertation et de débats citoyens, il faut écouter ce que les syndicats et FO ont à dire", plaide-t-il.

Tous attendent un prochain rendez-vous pour de nouveau crier leur colère contre ce projet de réforme. Ce qui se fera très certainement jeudi, au lendemain des annonces du Premier ministre.

Europe 1
Par Aurélien Fleurot, édité par Ugo Pascolo