Grand froid : les associations alertent sur la situation "critique" des sans-abri

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Alors que la tempête Gabriel est arrivée sur la France par l'Ouest, la Fédération des acteurs de la solidarité s'inquiète de voir de nombreuses personnes dormir dans la rue faute de places d'hébergement disponibles.

"Des milliers de personnes sans-abri, isolées ou en famille, sont en danger, faute d'hébergement disponible", a alerté mardi la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), alors que la tempête Gabriel est arrivée sur la France par l'Ouest. Mardi après-midi, 43 départements étaient placés en vigilance orange et les premiers flocons de neige sont tombés sur la Bretagne.

De nombreuses personnes à la rue faute de places d'hébergement. A Paris, 400 personnes, majoritairement des familles, tentent en vain en journée et la nuit d'obtenir une place d'hébergement via le 115 (numéro d'urgence), selon la FAS, qui regroupe 800 associations gérant 80% des centres d'hébergement. En Seine-Saint-Denis, entre 200 et 300 personnes restent chaque jour à la rue.

Mardi, la préfecture d'Ile-de-France a annoncé l'ouverture dans ses locaux d'une halte de nuit ouverte de 19h à 8h. Une trentaine de femmes, orientées par le 115, seront ainsi accueillies au sein des locaux de la préfecture située dans le 15e arrondissement de Paris. 

5.906 places supplémentaires ouvertes depuis le 1er novembre. "L'Etat a ouvert au cours des derniers jours 573 places Grand Froid en Ile-de-France. Au total ce sont 5.906 places supplémentaires ouvertes depuis le 1er novembre dont 2.938 à Paris dans le cadre de la période hivernale", précise la préfecture dans un communiqué.

"Bien que cet effort soit sans précédent, des personnes se trouvent encore à la rue. Je souhaitais donc poursuivre l'engagement de l'État en ouvrant une halte de nuit pour femmes au sein du Ponant dès ce mercredi soir", a déclaré le préfet de Paris Michel Cadot. Ailleurs, "la situation est également très tendue dans d'autres grandes métropoles où les équipes du 115 sont débordées et n'ont pas de solution à proposer aux personnes", s'alarme la FAS.

La FAS met en garde contre un "épuisement des travailleurs sociaux." "A Toulouse, 221 personnes, dont 188 en famille, dorment quotidiennement à la rue. A Lyon, fin décembre, 600 personnes isolées à la rue étaient repérées par le Samu social en attente d'une protection. A Lille, depuis le 1er janvier, 1.533 personnes ont reçu une réponse négative à leur demande d'hébergement. A Nantes, depuis la mi-janvier, ce sont 971 personnes qui n'ont pas obtenu d'hébergement", détaille la FAS, qui met également en garde contre un "épuisement des travailleurs sociaux".

Selon les associations, les mesures proposées par l'État dans le cadre du plan hiver sont "insuffisantes". En octobre, le ministre du Logement Julien Denormandie avait annoncé 14.000 places d'hébergement hivernales mobilisables et un renforcement des maraudes.

La FAS demande de "mobiliser sans attendre tous les bâtiments disponibles." "Face à la crise, la Fédération demande aux pouvoirs publics, État et collectivités locales, de mobiliser sans attendre tous les bâtiments disponibles, en lien avec les associations, pour proposer une mise à l'abri et un accompagnement à toutes les personnes qui sollicitent une protection", réclame la FAS. La fédération demande également la création de places d'hébergement pérennes, notamment pour les familles, ainsi que la création de logements très sociaux à destination des ménages les plus précaires.