Festival de Cannes : "Ça aurait été indécent de monter les marches" au moment de la maladie

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Au micro d'Europe 1 ce mardi le maire de Cannes, David Lisnard, est revenu sur l'annulation du Festival de cinéma qui devait s'ouvrir ce soir. Il estime qu'il aurait été "indécent" de monter les marches en pleine crise du coronavirus.  
INTERVIEW

Robes de haute-couture, smokings et tapis rouge. Ce mardi soir devait marquer le coup d'envoi de l'édition 2020 du Festival de Cannes et sa mythique montée des marches sur la Croisette. Mais coronavirus oblige, comme de très nombreux autres événements culturels, le plus grand festival de cinéma au monde a été annulé. De toute façon "ça aurait été indécent de monter les marches au moment où l'on affronte la maladie", juge au micro d'Europe 1 David Lisnard, le maire de Cannes. 

Un report "impossible"

"Il y a longtemps que l'on sait avec Pierre Lescure [le président du festival, ndlr] qu'il n'y aura pas d'édition 2020 au mois de mai", affirme l'édile qui est par ailleurs président de la communauté d'agglomération Cannes Pays de Lérins. Quant à l'éventualité de décaler la date, David Lisnard avance que "c'est impossible dans la configuration que l'on connait du festival." C'est-à-dire, "un grand marché du film, avec une sélection indépendante, du glamour, du commercial, et du culturel."

Rejoignant Pierre Lescure, qui avait affirmé plus tôt dans la semaine que le Festival ne doit pas "tirer le rideau", David Lisnard évoque lui-aussi la possibilité de labelliser certains films "Cannes 2020", ou de mettre en place "des formules différentes" de projections, "pourquoi pas en fin d'année". 

L'arbre qui cache la forêt

Reste que cette annulation est un coup dur pour l'activité économique cannoise, d'autant que ce revers est l'arbre qui cache la forêt. Ainsi, c'est une multitude "des rendez-vous mondiaux dans plusieurs secteurs" qui se tiennent habituellement dans le palais des Festivals et des congrès qui ont été annulés depuis la crise du Covid-19. "L'un de trois piliers" de l'économie locale est donc "complètement à l'arrêt". Un pilier qui "représente 850 millions d'euros de création de richesse, soit 12.000 emplois" détaille l'édile. "Une réalité humaine" et économique pour laquelle aucune solution n'a encore été trouvée. 

Europe 1
Par Ugo Pascolo