Femme juive défenestrée : les avocats de la famille dénoncent un crime "antisémite"

Une marche blanche avait été organisée le 9 avril dernier pour rendre hommage à la victime.
Une marche blanche avait été organisée le 9 avril dernier pour rendre hommage à la victime. © AFP
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avec AFP , modifié à
Les enfants d'une femme morte rouée de coups et défenestrée "veulent que l'assassinat soit reconnu avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme".

Les avocats des proches de Sarah Halimi, morte rouée de coups et défenestrée en avril à Paris, réclament que l'enquête retienne la dimension antisémite de ce meurtre qui suscite une vive émotion dans la communauté juive. Les enfants de cette femme de 65 ans, trouvée morte le 4 avril au pied de son immeuble du quartier de Belleville, "veulent que l'assassinat soit reconnu avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme", a déclaré leur avocat Jean-Alexandre Buchinger.

Une information judiciaire avait été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour "homicide volontaire", sans retenir le caractère antisémite. Cette hypothèse n'est pas écartée mais "à ce stade, il n'est pas établi avec certitude que le suspect avait connaissance de la religion de sa victime", a indiqué une source judiciaire.

Une scène d'une grande violence. Le suspect, domicilié avec sa famille dans la même résidence que la victime, s'était rendu vers 4 heures chez des amis. Ces derniers, selon leur témoignage, se sont barricadés dans une chambre alors que le jeune homme devenait agressif et se mettait à réciter pied nu des sourates du Coran. Appelée par ses amis, la police était arrivée sur les lieux et, en entendant les invocations, avait réclamé des renforts.

Pendant ce temps, le suspect était passé par le balcon dans l'appartement de la victime, mitoyen mais situé dans un autre immeuble. Les témoignages des voisins, dont l'AFP a eu connaissance, font état d'une scène d'une grande violence : aux alentours de 4h45, le suspect aurait porté de multiples coups au visage de la victime en l'insultant, la qualifiant de "sheitan" (le démon en arabe) et en criant à plusieurs reprise "Allah akbar", avant de la jeter par-dessus le balcon.

Interpellé, ce voisin de 27 ans a été interné le lendemain en hôpital psychiatrique. Connu pour de nombreux faits de vols et de violence, il n'a pu à ce jour être interrogé. Sans antécédent psychiatrique, il est décrit par ses proches comme un musulman peu fervent et n'était pas connu pour sa radicalisation. "Il a le profil d'un islamiste en voie de radicalisation, la psychiatrie, c'est secondaire", estime pour sa part Gilles-William Goldnadel, avocat de la soeur de Sarah Halimi. Le Consistoire central et le Crif ont annoncé leur intention de se porter partie civile si le caractère antisémite était retenu.