Après le décrochage scolaire, le "déclic" : quand d'anciens décrocheurs se remobilisent

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La plupart des jeunes inscrits dans le programme "Promo 16.18" ont dû d'abord retrouver confiance en eux. 1:42
La plupart des jeunes inscrits dans le programme "Promo 16.18" ont dû d'abord retrouver confiance en eux. © Pixabay
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Europe 1 s'est rendu à Magnanville, dans les Yvelines, où se trouve l'une des classes mises en place par l'Agence de formation publique dans le cadre de son programme de lutte contre le décrochage scolaire, un phénomène qui s'est intensifié avec la crise du coronavirus.
REPORTAGE

Europe 1 se mobilise pour les jeunes frappés par la crise du Covid-19 avec l'opération #Europe1Solidaire. Durant toute la semaine, notre antenne se fait le relais des initiatives mises en place dans toute la France pour les aider à surmonter les difficultés rencontrées au cours de cette période si particulière. Parmi elles : le décrochage scolaire, qui gagne du terrain. Pour des jeunes déjà en difficulté, l'enseignement à distance a parfois provoqué une cassure nette avec l'enseignement. Pour y faire face, l'Agence de formation publique (Afpa) a lancé le programme "Promo 16.18", des ateliers avec des professionnels et des stages pour se réconcilier avec le travail, comme au centre de Magnanville, dans les Yvelines, où s'est rendu Europe 1.

"Parfois, je suçais encore mon pouce"

C'est une classe studieuse de 18 adolescents, pourtant tous déscolarisés. Le Covid-19 et les confinements ont eu raison de leur envie d'aller en cours, d'autant que certains avaient déjà du mal avec le cadre scolaire. "Je ne pouvais pas me lever le matin. Je dormais. Parfois, je suçais encore mon pouce", raconte Dounia, une jeune participante. Depuis trois mois, ces anciens décrocheurs se lèvent désormais avant 7 heures du matin pour venir dans ce centre et apprendre à se concentrer, à s'exprimer en public, à imaginer un projet professionnel.

"Quand je suis arrivée ici, je ne savais pas ce que je voulais faire", poursuit Dounia. "J'ai arrêté l'école en troisième. Je ne pensais pas que plus tard j'allais vouloir travailler avec les personnes en situation de handicap. Quand j'ai vu la fiche métier, je me suis dit que ça me plaisait bien."

#Europe1Solidaire

Du 8 au 12 février, l'antenne d'Europe 1 et ses équipes se mobilisent pour venir en aides aux jeunes frappés par la crise : 

>> Retrouvez ici le programme de cette semaine spéciale

>> Et retrouvez sur cette page l'ensemble de nos contenus consacrés aux jeunes

"Les formateurs ne nous voient pas comme des gens qui ont raté"

Ces 35 heures de cours par semaine ont également réconcilié Baran avec le milieu scolaire. La confiance en soi est devenue le monteur de sa réinsertion. "L'école, c'était la dernière chose que je voulais faire. J'ai dû parler avec une psy, et elle m'a dit : 'Tu as les capacités'. J'ai eu un déclic", confie-t-il à Europe 1. "Les formateurs ne nous voient pas comme des gens qui ont raté."

Dans cette promo, un élève sur deux veut dorénavant reprendre sa formation et décrocher son diplôme. L'autre moitié a retrouvé l'envie de se former à un métier.

Europe 1
Par Zoé Pallier, édité par Romain David