Énergie : trois syndicats sur quatre appellent à la grève du 5 décembre

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Trois des quatre syndicats représentatifs chez EDF appellent à la grève le 5 décembre prochain contre la réforme des retraites.
Trois des quatre syndicats représentatifs chez EDF appellent à la grève le 5 décembre prochain contre la réforme des retraites. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Trois des quatre syndicats représentatifs chez EDF (CGT, FO et l'alliance CFE-CGC-Unsa) appellent à la grève le 5 décembre prochain contre la réforme des retraites, la CGT prévoyant aussi des coupures d'énergie, notamment de bâtiments publics non essentiels.

Trois des quatre syndicats représentatifs chez EDF (CGT, FO et l'alliance CFE-CGC-Unsa) appellent à la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites. La CFDT n'appelle pas pour sa part "à faire grève le 5 décembre, car nous ne sommes pas opposés à toute réforme, nous sommes pour une réforme à condition qu'elle intègre nos exigences de justice sociale", a indiqué jeudi à l'AFP Dominique Bousquenaud, secrétaire général de la fédération CFDT Chimie-Energie.

Des coupures d'électricité envisagées

La CGT et FO, respectivement premier et troisième syndicat de la branche, appellent à la grève au niveau national. La CGT appelle aussi à des "baisses de production d'électricité, des coupures en énergie des bâtiments publics d'Etat (hors lieux de santé)" ainsi que dans des entreprises de la branche, et à l'inverse à remettre le courant chez les particuliers où il aurait été "injustement coupé", selon un communiqué. L'alliance CFE-CGC-Unsa, deuxième syndicat du secteur, appelle à la grève pour "protester contre la réforme telle que proposée, qui pourrait se traduire par une baisse de près de 30% du montant des retraites".

Un régime de retraite propre menacé par la réforme

Les électriciens et gaziers (IEG) ont en effet leur propre régime de retraite, qui couvre toutes les entreprises de l'EDF "historique" (EDF, Enedis, RTE, etc...) ainsi qu'une myriade de petites régies, soit 158 entreprises et près de 140.000 salariés. Ce régime spécial se rapproche peu à peu du régime général en termes de durée de cotisation et d'âge de départ, mais reste plus avantageux, notamment parce que la pension est calculée sur les six derniers mois comme dans la fonction publique (et non les 25 meilleures années dans le régime général).

Les électriciens et gaziers partent en moyenne à 58,9 ans (chiffre 2018). L'âge légal de départ sera de 62 ans (comme dans le régime général) à partir de la génération 1962. Ils peuvent partir jusqu'à 5 ans plus tôt s'ils sont en "service actif", mais beaucoup ne font pas valoir ce droit et reportent leur départ pour bénéficier d'une meilleure retraite. Les syndicats font valoir que le régime de retraite des IEG ne pèse pas sur le régime général, puisqu'il est financé essentiellement par les salariés et les entreprises du secteur. Une taxe (contribution tarifaire d'acheminement) est prélevée sur les factures des usagers pour équilibrer le régime "historique" des salariés du secteur régulé avant 2005. Elle décroît doucement tous les ans et a vocation à disparaître.