"Acte 14" : nouvelle mobilisation des "gilets jaunes" dans les rues de Paris

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Le cortège s'est dispersé vers 16 heures, dans le calme, au Champs-de-Mars, près de la Tour Eiffel.
Le cortège s'est dispersé vers 16 heures, dans le calme, au Champs-de-Mars, près de la Tour Eiffel. © AFP
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Après le 14ème samedi de manifestation, les "gilets jaunes" ont poursuivi leur mouvement dimanche pour marquer les trois mois du mouvement, lancé le 17 novembre dernier.
L'ESSENTIEL

Après trois mois de mobilisation, des dizaines de milliers de "gilets jaunes" ont défilé samedi dans plusieurs villes de France lors d'"un acte 14" relativement calme à Paris, mais marqué de nouveau par des heurts à Toulouse et Bordeaux. Des appels ont été lancés, notamment à Paris, pour poursuivre la mobilisation dimanche. 

Sur Facebook, l'événement "ACTE 14 - Tous à Paris pour le Dimanche Jaune - Acte XIV", partagé par Éric Drouet dans la semaine, comptait 1.500 "participants", et 8.800 "intéressés".

Les trois principales informations à retenir :

  • Selon la préfecture de police de Paris, ce rassemblement dominical a réuni 1.500 personnes
  • Conspuée par des manifestants, Ingrid Levavasseur, figure des "gilets jaunes", a été exfiltrée du cortège parisien
  • Des "gilets jaunes" se sont dispersés dans le calme vers 16 heures au Champs-de-Mars

Comment s'est déroulée la manifestation à Paris ?

Après la mobilisation de samedi dans la capitale et en régions, les "gilets jaunes" s'étaient donnés rendez-vous dimanche. Le 17 février marque en effet l'anniversaire exact du début de la mobilisation. D'après la préfecture de police de Paris, ce premier rassemblement dominical des "gilets jaunes" a réuni 1.500 personnes. Manifester un dimanche  permettait aussi "d'associer les salariés, les retraités, les familles et les commerçants et artisans qui travaillent le samedi", défendait dans les colonnes du Parisien Benjamin Cauchy, un "gilet jaune" toulousain pourtant décrié au sein-même du mouvement.

À Partir de midi, plusieurs centaines de "gilets jaunes" se sont rassemblés au niveau de l'Arc de Triomphe, pour cette manifestation préalablement déclarée en préfecture. À 13 heures, comme prévu, le cortège a entamé sa descente de l'avenue, sous un soleil radieux. Il a pris ensuite la direction du Champ-de-Mars, en passant par le siège du Medef, le mur de la Paix, et le ministère du Travail, rue Grenelle. "Manif déclarée et pacifique. On fait les choses dans le cadre de la loi, comme ça on ne peut rien nous reprocher", avaient prévenu les organisateurs.

On a pu voir, aux côtés des "gilets jaunes", certains manifestants munis de drapeaux de la CGT, ce qui a parfois suscité la crispation. "Cassez-vous la CGT ! Vous servez à rien, vous êtes les suce-boules du gouvernement", crie Julien Dubois, un Parisien de 38 ans. "Que la CGT vienne avec les gilets jaunes, je veux bien mais qu'ils cachent leurs drapeaux. Ils servent à rien. Si le peuple est dans la rue c'est que eux n'ont rien fait", explique-t-il par la suite.

Conspuée par plusieurs manifestants alors qu'elle répondait à des journalistes, Ingrid Levavasseur, figure du mouvement, a été exfiltrée du cortège, près de l'Arc de triomphe. Mercredi, elle avait annoncé qu'elle abandonnait la liste du Ralliement d'initiative citoyenne (RIC) qu'elle entendait mener pour les élections européennes. 

À un moment donné, des manifestants ont tenté de s'éloigner de l'itinéraire prévu. Mais les forces de l'ordre ont veillé à ce qu'ils restent circonscrits près du Champs-de-Mars. Un certain nombre de "gilets jaunes" a commencé à se réunir à cet endroit, d'autres ont commencé à marcher en direction de la Tour Eiffel. 

Plus d'une heure après leur arrivée près de la Tour Eiffel, les "gilets jaunes" ont commencé à se disperser dans le calme. Selon BFMTV, ils ne seraient plus qu'une poignée actuellement. D'après des journalistes de l'AFP, certains "gilets jaunes" projetaient de retourner sur les Champs-Élysées. 

Quid du dispositif de sécurité ?

Sur les Champs-Élysées, plusieurs colonnes de CRS ont pris position depuis 11 heures. Aucun débordement n'a été signalé. D'importantes restrictions de circulation ont été décidées. Depuis 6 heures, les abords de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur sont interdits aux manifestations, "afin de garantir la protection des institutions". Ce périmètre de sécurité comprend notamment le bas des Champs-Élysées, précise la préfecture de police. 

La préfecture de police indique par ailleurs que des restrictions de circulation pourront être mises en place tout au long du parcours de manifestation des "gilets jaunes", ainsi qu'au niveau de la place de la République, dans le 10ème arrondissement, où des rassemblements sont prévus dans l'après-midi.

La RATP a également fermé plusieurs lignes de métro sur les lignes 1, 8, 9, 12 et 13 : Tuileries, Concorde, Assemblée Nationale, Miromesnil, Varenne, Champs-Elysées Clemenceau, et Franklin D. Roosevelt.

Quel est le bilan des manifestations de samedi ?

À Paris. Le ministère de l'Intérieur a dénombré 41.500 manifestants en France dont 5.000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente mais régulièrement contestés par les "gilets jaunes". Après de brefs face-à-face avec les forces de l'ordre sur l'esplanade des Invalides, les "gilets jaunes" se sont dispersés, certains d'entre eux rejoignant les Champs-Elysées aux cris, devenus traditionnels, de "Macron démission".

Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées à Paris et, parmi elles, 15 ont été placées en garde en vue selon le parquet de Paris. 

En régions. D'autres villes ont connu des incidents plus marqués en fin de manifestation, notamment Bordeaux, où 4.500 personnes étaient dans la rue, et 19 ont été arrêtées. À Toulouse, 4.000 personnes - selon une source policière - clamaient leurs détermination derrière une banderole "Seule la mort nous arrêtera". Dix personnes ont été interpellées à la suite d'échauffourées. À Nantes, la manifestation, à laquelle ont pris part 1.600 participants selon une source policière, a été émaillée d'incidents avec des jets de pavés, de bouteilles et de fusées. Quatorze personnes ont été arrêtées.

Trois "gilets jaunes" ont par ailleurs été légèrement blessés à Rouen par une voiture qui a tenté de fendre le cortège.