Drôle d'ambiance au premier jour du procès Tarnac

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Le procès de huit militants libertaires, poursuivis pour la dégradation d’une ligne SNCF, a donné lieu à des échanges parfois surréalistes.

DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Le procès du "groupe de Tarnac", d’abord mis en cause pour terrorisme  avant que la qualification soit abandonnée, a débuté mardi dans une drôle d’ambiance. Les huit militants libertaires, poursuivis notamment pour la dégradation d’une ligne SNCF il y a dix ans, ont affiché une attitude décontractée, assez peu habituelle dans les salles d’audience.

Parmi les prévenus de ce procès, qui devrait durer trois semaines, Julien Coupat, 43 ans et présenté comme le théoricien du groupe, s’est montré étonnamment détaché. La justice reproche aux principaux prévenus d'avoir participé au sabotage d'une ligne SNCF en région parisienne, et organisé des actions violentes contre des intérêts de l'État, notamment le 3 novembre 2008 lors d'une manifestation à Vichy.

Humour potache et bruyant soutien. Les prévenus n’ont pas hésité à manier l’humour potache, comme des élèves dissipés. Julien Coupat a ainsi ostensiblement fixé le plafond quand la présidente lui a rappelé les charges retenues contre lui. Son ami Mathieu Burnel est ensuite venu à sa rescousse. Quand Coupat est prié par la présidente de ranger sa barre de céréales, Burnel demande s’il y aura une pause pour le goûter. Pendant ce temps, à l’extérieur de la salle, une trentaine de soutiens des prévenus, qui n’ont pas pu tous rentrer, scandent leur mécontentement. "Laissez-nous rentrer, laissez-les sortir !", crient-ils.

Sur le fond, les débats n’ont pas commencé mais les premières passes d’armes ont déjà débuté entre les parties au sujet des nombreux témoins qui n’ont pas répondu aux convocations ou qui ont refusé de venir. Un seul point fait consensus : la demande de transport sur les lieux. La Cour a accepté de se déplacer le 23 mars en Seine-et-Marne, sur les lieux du sabotage d'une ligne SNCF pour lequel certains des membres du "groupe de Tarnac" sont poursuivis pour dégradations.

Une affaire qui s’est dégonflée. L'affaire avait spectaculairement débuté le 11 novembre 2008 avec l'arrestation par 150 policiers cagoulés, devant les caméras de télévision, d'une dizaine de membres de cette communauté installée à Tarnac, petit village de la Corrèze. La ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, salue alors l'interpellation de membres de "l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome, en lien avec les sabotages" de lignes SNCF.

Quelques jours plus tôt, des caténaires avaient été sabotées dans l'Oise, l'Yonne et en Seine-et-Marne, provoquant une pagaille avec plus d'une centaine de TGV bloqués et 20.000 voyageurs en rade. Cependant, faute de preuves matérielles, l'enquête sur Tarnac s'est enlisée et les dix mis en examen pour association de malfaiteurs à caractère terroriste ont été vite remis en liberté. Aujourd'hui, l'accusation repose pour l'essentiel sur un procès-verbal de surveillance policière du couple Coupat-Lévy la nuit du sabotage à Dhuisy.