Drogue : ouverture du procès du "Pablo Escobar français"

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Un trafiquant de drogue martiniquais de 32 ans est jugé par une Cour d'assises spéciale de Fort-de-France, il est soupçonné d'être l'un des plus gros importateurs de cocaïne en France.

Il est considéré comme "le Pablo Escobar français". Kévin D., un trafiquant de drogue martiniquais est jugé à partir de ce lundi à Fort-de-France aux côtés de dix autres accusés qui vont comparaître devant une Cour d'assises spéciale, uniquement composée de magistrats professionnels, comme lors des procès terroristes. A 32 ans seulement, il est soupçonné d'être l'un des plus gros importateurs de cocaïne en France : quand il a été arrêté fin 2013, son réseau venait d'écouler près de 500 kilos de poudre blanche en quelques jours. Avec déjà une dizaine de condamnation à son actif, dont plusieurs pour trafic de drogue, il risque la prison à perpétuité. 

Arrêté malgré des messages cryptés. Kévin D. était à la tête d'un véritable réseau international : la cocaïne qu'il vendait était produite au Venezuela et transitait dans des containers maritimes à Fort-de-France et au Havre grâce à des dockers soudoyés. Une organisation rodée qu'il gérait via des BBM, les messages instantanés sur les téléphones BlackBerry, qui étaient en 2013 réputés comme être un moyen sûr de communiquer car ils étaient cryptés. Mais les policiers de l'antenne Caraïbes de l’office des stupéfiants avaient réussi la prouesse technique d'infiltrer le système et de pouvoir faire tomber le réseau qui transportait plusieurs tonnes de poudre blanche estiment les enquêteurs. 

Deux semaines d'audience sous haute sécurité. Ex-petit dealer et brillant commercial, le Martiniquais a très vite gravi les échelons pour devenir l’un des plus gros importateurs de cocaïne en France. S'il se présente comme un petit patron dans l’import-export, il serait en fait un vrai parrain de la drogue avec des millions d’euros de patrimoine, notamment placés à Hong-Kong et à Dubaï. Le procès doit durer deux semaines et se déroule sous très haute sécurité.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Ugo Pascolo