EXCLUSIF - Deux Français sur trois ont déjà entendu des propos homophobes

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Homophobie 0:58
Seuls 39% des Français estiment que la manière dont la société accepte les personnes homosexuelles, transgenres ou transidentitaires s'est améliorée depuis trois ans. © AFP
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Selon un sondage BVA pour l'association le Refuge, révélé lundi par Europe 1, 39% des Français seulement estiment que la manière dont la société accepte les personnes homosexuelles, transgenres ou transidentitaires s'est améliorée depuis trois ans. Un des signes de la banalisation de l'homophobie : la hausse des insultes. 
INFO EUROPE 1

Seuls 39% des Français estiment que la manière dont la société accepte les personnes homosexuelles, transgenres ou transidentitaires s'est améliorée depuis trois ans. C'est le résultat d'un sondage BVA réalisé pour l'association Le Refuge, qu'Europe 1 révèle en exclusivité ce lundi. L'enquête révèle également l'omniprésence des propos homophobes, déjà entendus par deux Français sur trois. L'insulte "pédé" par exemple est encore très largement répandue, 78% des personnes interrogées l'ont ainsi déjà entendue. Le signe d'une réelle banalisation, dans la rue mais aussi sur les réseaux sociaux.

"La question de l'homophobie a été présente, et l'est toujours aujourd'hui. Que ce soit dans le milieu privé ou professionnel", raconte Valentin, jeune Parisien d'une vingtaine d'années. "Pour ce qui est des insultes, je pense sans exagérer, qu'il n'y a pas une journée où je n'entends pas quelque chose d'homophobe dans le métro, dans la rue."

Plus de sévérité face aux insultes

Des insultes qui, parfois, sont déclamées devant les forces de l'ordre, sans conséquences. "Cela peut être fait devant des représentants de la loi et rien n'est fait, rien n'est dit. Ce n'est pas normal", témoigne le jeune homme. Les agressions contre les personnes LGBT + étaient déjà en augmentation en 2019 : +36% par rapport à l'année précédente. Pour que la situation des personnes homosexuelles évolue positivement au sein de la société, près d'un Français sur deux estiment que l'Etat doit s'impliquer beaucoup plus. 

Une implication qui passe, selon les sondés, par la multiplication de dispositifs d'accueil spécifiques pour les jeunes rejetés par leurs parents en raison de leur homosexualité. Et surtout par une plus grande sévérité face aux propos homophobes. "L'homophobie et la transphobie ne sont pas des opinions, c'est un délit. On n'a pas le droit de penser ça, c'est puni par la loi", rappelle Valentin.