Comment faire face à la sécheresse ? Dans l'Aude, des vignerons arrosent avec les eaux usées

Le nouveau système d'irrigation permet d'économiser de l'eau potable. Photo d'illustration. 1:39
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Benjamin Peter, dans l'Aude, édité par Thibaud Le Meneec
Un bassin de 3.000 mètres cube, une eau filtrée et désinfectée… Les vignerons de Roquefort-des-Corbières, dans l'Aude, inaugurent un nouveau système d'irrigation de leurs cultures.
REPORTAGE

Comment faire face à la sécheresse ? Pas moins de 61 départements subissent actuellement des restrictions d'eau. Pour les agriculteurs, il est bien souvent impossible d'irriguer la production, qui dessèche au soleil. Dans l'Aude, à Roquefort-des-Corbières, des vignerons ont trouvé une solution, en arrosant grâce aux eaux usées du village, tout proche de leurs parcelles. Une station d'épuration y a été inaugurée, mardi. Eu

"L'équivalent de deux gros orages méditerranéens"

On voit d'abord un grand bassin de 3.000 mètres cubes, relié à des tuyaux qui parcourent les 15 hectares de vignes autour du village. Les eaux usées du village de Roquefort-des-Corbières partent ensuite dans la station d'épuration. Jusqu'ici, tout est classique, mais l'eau est ensuite filtrée, désinfectée et stockée avant d'arroser les vignes au goutte-à-goutte. "L'idée, c'est d'apporter juste 1 à 2 mm d'eau par jour", précise Jean-François Blanchet, du groupe BRL, qui porte ce projet de station d'épuration. "En clair, on amène l'équivalent de deux gros orages méditerranéens, c'est ce que l'on n'a plus avec le dérèglement climatique."

"Il n'y a pas d'eau", appuie Jean, agriculteur qui était dépendant de la météo avant que sa parcelle ne soit irriguée par cette installation. "Ici, ce sont les orages du 14 juillet et du 15 août, on les a ou on ne les a pas ! Et comme il fait beaucoup de catastrophes, on ne le demande pas trop."

Un coût de 362.000 euros

"Bien entendu, la plante souffre comme n'importe quelle plante exposée à des températures aussi élevées, aussi longtemps", abonde Lilian Copovi, le président de la cave coopérative, qui se félicite du fait que la production soit sécurisée. "Ce qu'on veut aujourd'hui, c'est optimiser ce potentiel qualitatif en l'empêchant d'aller vers des phases de stress, avec un léger apport en eau." 

Le Grand Narbonne, qui a financé cette expérimentation d'un coût global de 362.000 euros, envisage de construire d'autres bassins de ce type en aval des stations d'épuration, pour faire face au déficit en eau, qui ne devrait pas se réduire année après année.