Près de 900 médecins appellent à démissionner en même temps : "L'hôpital est à l'os"

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Chef du service pédiatrie de l'hôpital Necker, Rémi Salomon alerte depuis plusieurs mois sur la situation de crise de l'hôpital public. Sur Europe 1, il réagit à la tribune signée par 890 médecins, menaçant de démissionner si le gouvernement n'ouvre pas rapidement de "vraie négociation". 

"L'hôpital est à l'os." Rémi Salomon, chef du service pédiatrie à l'hôpital Necker, à Paris, ne mâche ses mots. Il est l'un des 890 médecins signataires d'une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, qui menacent de démissionner si le gouvernement n'ouvre pas de "vraie négociation" sur l'hôpital public. "C'est un geste symbolique fort", réagit Rémi Salomon au micro d'Europe 1.

"Une démission ne signifie pas un abandon, mais montre notre désaccord avec la politique du gouvernement, qui, malgré tous nos efforts, ne nous a pas entendus", appuie-t-il. Car la crise se poursuit dans l'hôpital public, malgré les différents plans annoncés par l'exécutif. "Depuis 10 ans, l'hôpital a un budget environ un milliard en-dessous de ses besoins", affirme Rémi Salomon. Il relativise le défaut d'organisation régulièrement pointé du doigt par le gouvernement. "On nous dit de nous organiser mieux, mais ça ne suffit pas." 

L'"hémorragie" de l'hôpital public

Rémi Salomon met en garde contre "l’hémorragie" que subit l'hôpital public, avec ses 690 postes d'infirmiers vacants que les directions n'arrivent pas à pourvoir. Il redoute le fait que de plus en plus d'infirmiers, découragés, quittent l'hôpital public pour bénéficier des avantages du secteur privé. Une conséquence de mauvaises conditions de travail, et de salaires bien trop bas, pointe le chef de service. D'après lui, la rémunération des infirmiers français arrive à la 28e place des 32 pays de l'OCDE. "C'est juste indécent, pour un pays comme la France." 

Europe 1
Par Laetitia Drevet