Crématoriums : le business étrange et sans "aucune transparence" des métaux des défunts

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© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Chaque année, le commerce des métaux laissés par les défunts après leur crémation représente plusieurs millions d'euros à la revente. 
ENQUÊTE

C'est un business méconnu, mais qui dérange. Alors qu'aujourd'hui, le corps de plus d'un Français sur trois est incinéré après sa mort, un chiffre en constante hausse, des entreprises se spécialisent dans le "recyclage" des métaux laissés après la crémation. Une activité étonnante que déplorent plusieurs associations, qui appellent à plus d'éthique dans le secteur. 

Ainsi, chaque année, dents en or, prothèses de hanche en titane ou encore broches ou plaques orthopédiques en fer représentent un marché de plus de 100 tonnes, soit plusieurs millions d'euros à la revente. Le tout dans l'opacité la plus totale, regrette Michel Kawnik, président de l'Association française d'information funéraire, interrogé par Europe 1 et selon qui "il n'existe aucune transparence sur le recyclage des métaux par les crématoriums". 

"L'idée n'est pas de masquer quoi que ce soit", assurent les entreprises de services funéraires 

Rappelant que la crémation relève d'une mission de service publique, Michel Kawnik appelle à plus de réglementation. "À quoi servent ces rentrées, nous n'en savons rien. Donc il doit y avoir un suivi pour aider les familles à faire que les crémations soient moins onéreuses qu'elles ne le sont actuellement", explique-t-il. 

De leur côté, les entreprises de services funéraires assurent que c'est déjà le cas et se défendent de tout abus. Les deux leaders du secteur, Funécap et PFG, ont par exemple chacun leur propre fondation à laquelle est reversée cet argent, assure Richard Féret, directeur de la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie. "L'idée n'est pas de masquer quoique ce soit", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Il faut sensibiliser la collectivité dans son rôle de contrôle de gestionnaire du crématorium", dit-il encore, avant d'appeler à la création d'un comité d'éthique au sein de chaque crématorium pour s'assurer que l'argent lié aux métaux récupérés est bien utilisé.

 

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Antoine Terrel