Cinq morts dans un Ehpad : la piste de l'intoxication alimentaire privilégiée

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Cinq pensionnaires d'une maison de retraite de la Haute-Garonne sont morts dans la nuit de dimanche à lundi. La préfecture privilégie la piste d'une intoxication alimentaire. 
L'ESSENTIEL

Cinq personnes sont mortes, dimanche soir, dans un établissement pour personnes âgées (Ehpad) du sud de Toulouse, après une probable intoxication alimentaire. Sur les 82 résidents de cet établissement, 22 ont été pris de vomissements dans la soirée du 31 mars, dont 16 ont dû être hospitalisés dans la foulée. Le parquet de Toulouse a été saisi de cette affaire et les premières investigations conduites par l'Agence régionale de Santé (ARS) lundi matin. Les services de l'État ont également annoncé la mise en place d'une cellule d'urgence médico-psychologique.

Les trois informations à retenir :

- Cinq résidents d'un Ehpad de la Haute-Garonne sont morts après avoir été pris de vomissements dimanche soir

- Lundi, en milieu de journée, treize personnes étaient toujours hospitalisées

- Les autorités privilégient la piste d'une intoxication alimentaire

Cinq morts : quatre femmes et un homme

Sur les cinq personnes décédées, quatre sont des femmes, l'une de 76 ans, les autres âgées de 93 à 95 ans. La cinquième victime est un homme de 93 ans, a précisé une source proche de l'enquête. "Les gendarmes sont venus ce matin à 1h20 pour me dire que maman était décédée", a expliqué à Europe 1 Alain, dont la mère Antoinette, 93 ans, faisait partie des 82 résidents de La Chêneraie, à Lherm, un établissement ouvert en 2006 et géré depuis janvier par le groupe Korian. "Je suis très en colère, c'est inadmissible. On ne paye pas loin de 3.000 euros par mois pour voir ça. C'est une honte", s'est-il indigné, indiquant son attention de porter plainte.

Treize personnes toujours hospitalisées. En tout, 22 résidents de cet Ehpad ont été touchés par cette intoxication alimentaire supposée dans la soirée de dimanche, après le dîner, a précisé la préfecture dans un communiqué. Les premiers symptômes constatés ont été "des symptômes de vomissement", a indiqué la vice-procureure de la République. Les secours se sont rendus "immédiatement sur place" et le centre opérationnel départemental a été activé. Sur les seize personnes hospitalisées dans la nuit de dimanche à lundi, trois ont pu regagner l'établissement, les treize autres sont encore sous observation.

La piste d'une intoxication alimentaire

Des vomissements après le dîner. "On soupçonne une intoxication alimentaire puisque ces événements se sont déroulés après le repas", a précisé la sous-préfète de Saint-Gaudens, Marie-Paule Demiguel, sur BFMTV. Les symptômes présentés par les victimes correspondent largement à ceux d'un empoisonnement après ingestion d'un aliment contaminé. "Cette intoxication semble importante car les gens ont été très malades très peu de temps après la prise des aliments incriminés", a relevé au micro d'Europe 1 le gériatre Éric Girard. "C'est toujours assez spectaculaire parce que, dans les institutions, les résidents mangent toujours la même chose et l'on peut avoir des intoxications en série."

Des repas "préparés sur place". Des investigations menées par l'ARS "sont en cours pour déterminer l'origine de l'intoxication alimentaire présumée", toujours selon le communiqué de la préfecture. L'enquête doit notamment déterminer si les repas étaient préparés en interne ou apportés de l'extérieur. De son côté, le groupe Korian a assuré que les repas était bien préparés "sur place".

Du poulet basquaise réduit en purée suspecté

Du poulet basquaise réduit en purée. Le problème est survenu "apparemment sur des repas spéciaux, des repas mixés pour personnes en fin de vie", a affirmé aux journalistes Chantal, la fille d'un couple résident, qui lui n'a pas été malade. "C'est ce que le personnel nous a dit", a ajouté cette femme, accourue sur les lieux. C'est en effet ce qui semble être le point commun de toutes les victimes - à chaque fois les plus fragiles et dépendantes -, qui ont mangé la même chose que les autres résidents, à savoir du poulet basquaise, mais transformé en purée pour faciliter son ingestion. Du lait ou de la crème est généralement ajouté à ce type de préparation pour lier le tout. C'est vraisemblablement lors de la préparation de ce repas spécifique que se serait produit une contamination. C'est la piste privilégiée par les enquêteurs.

Un questionnaire à l’attention des résidents. "Le dernier contrôle réglementaire d'hygiène périodique, réalisé par un bureau d'étude externe, avait eu lieu le 12 février 2019. Les résultats de ce contrôle étaient conformes", a encore assuré le groupe Korian. Les cuisines de l'établissement ont été placées sous scellé et "les repas-témoins ont été mis sous séquestre et conservés dans l'attente de l'intervention de la Direction départementale de la protection des populations", selon l'ARS. Un questionnaire alimentaire doit également être menu auprès des résidents.