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Jean-Luc Boujon, édité par Rémi Duchemin
Quatre jours après l’immolation par le feu d’un jeune homme à Lyon, les étudiants sont appelés à manifester mardi devant les Crous de France. Ils comptent dénoncer les difficultés à concilier études et travail, et les conditions d’obtention des bourses.
REPORTAGE

Un geste désespéré, qui entraîne son lot de questions sur les conditions de vie des étudiants en France. Vendredi dernier, un jeune homme de 22 ans s'est immolé par le feu à Lyon pour dénoncer la précarité grandissante des étudiants. Et alors qu'il est toujours entre la vie et la mort, des rassemblements doivent avoir lieu mardi un peu partout en France, devant les Crous (Centre régional des oeuvres universitaires et sociales).

"Clairement, on n’est pas aidés"

Ce sera évidemment le cas à Lyon où ce geste fou est ce matin encore dans les têtes de tous les étudiants lyonnais. Bien sûr, beaucoup ont du mal à comprendre comment le jeune homme en est arrivé à cette extrémité, mais les difficultés pour finir le mois, qu’il a dénoncées, beaucoup les connaissent. "C’est assez compliqué de vivre une vie d’étudiant, avec un loyer à payer", assure Maya. "Même si on est en résidence étudiante, c’est assez cher. Clairement, on n’est pas aidés. Même si on a les bourses, c’est pas assez", dénonce la jeune femme.

"Moi personnellement, j’ai une bourse, mais un étudiant aujourd’hui, avec 400 euros par mois, ça reste compliqué de vivre, de joindre les deux bouts", embraye Oussama. "C’est sûr que tous les étudiants ne sont pas amenés à s’immoler par le feu. Ça met quand même un certain éclairage sur les difficultés des étudiants à vivre, oui."

"Cercle vicieux"

Le jeune homme qui s’est immolé venait de perdre sa bourse pour avoir triplé sa deuxième année de licence de sciences politiques. Pour Yliane, c’est ça qui est compliqué : bosser ses cours à la fac, tout en travaillant à l’extérieur pour survivre. "On ne peut pas s’en sortir en étant étudiant", estime le jeune homme. "On est obligés d’enchaîner avec un travail, donc forcément, on travaille, on est boursiers en même temps, mais on ne peut pas aller à la fac. Parce que si on travaille, on est obligés de louper les cours magistraux. Donc on ne valide pas, donc on finit par retripler comme le pauvre monsieur a fait. Et on nous enlève la bourse. Donc c’est un cercle vicieux, je trouve."

Un cercle vicieux dont il faut sortir en assouplissant par exemple le système des bourses, trop liées aux résultats. C’est ce que demanderont les étudiants qui manifesteront tout à l’heure devant les Crous de France.