Bien-être animal : cirques et delphinariums vent debout contre les mesures de l'exécutif

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La présentation d'animaux sauvages sera interdite dans les cirques ambulants. 1:32
La présentation d'animaux sauvages sera interdite dans les cirques ambulants. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Le gouvernement a annoncé l’interdiction progressive de la présentation d’animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums. Les professionnels du secteur se sont immédiatement insurgés. "Même si la loi n’est pas encore passée, aujourd’hui on est morts", s’est alarmé le patron d’un cirque interrogé par Europe 1.

Il n’y aura bientôt plus d’animaux sauvages dans les cirques ambulants ni de dauphins et d’orques dans les delphinariums. Après des années de polémique, la ministre de la Transition écologique Barba Pompili a fait cette annonce mardi, déclenchant la colère des professionnels du secteur. "Aujourd’hui, madame Pompili arrive et raye une vie de travail, c’est honteux", s’est insurgé sur Europe 1 Roger Falque, patron du cirque "La piste aux étoiles". Le Marineland d’Antibes, le plus grand des trois delphinariums français, a de son côté dénoncé une décision "injuste et injustifiée". Frédéric Edelstein, directeur du cirque Pinder, s'est déclaré "triste" et s'interroge : "Comment peut-on priver toute la France d'un spectacle qui fait partie de notre culture et de notre patrimoine ?".

"Le cirque est mort sans les animaux"

La ministre ne s'est pas engagée sur un échéancier pour les cirques, mais selon des sources de la profession reçues la semaine dernière au ministère, elle a évoqué une transition de cinq ans. "Même si la loi n’est pas encore passée, nous aujourd’hui on est morts. On a eu le confinement, pendant quatre mois on n’a pas pu faire de spectacle", s’est désolé Roger Falque, qui a défendu la présence d’animaux dans les cirques. "Il faut nourrir et s’occuper des animaux, ce sont comme nos enfants. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui on ne travaille pas qu’il ne faut plus s’en occuper. Ils ont besoin du contact humain, dans leurs pays d’origine ils meurent de faim et des braconniers. Est-ce que dans la nature il y a du bien-être ? Non, il n’y en a pas", a-t-il affirmé, avant de dénoncer une mesure qui lui semble électoraliste. "Ces politiques se mettent en place pour les élections, pour essayer de récupérer des voix écologistes. On a besoin de sacrifier le cirque pour dire qu’on a fait quelque chose, mais on n’a pas touché à la corrida."

"Le cirque est mort sans les animaux", a renchéri Frédéric Edelstein. "On n'a jamais fait de mal aux animaux dans un cirque", a-t-il encore assuré, ajoutant que ses lions "se couchent" sur lui et l'"aiment". "Je veux garder mes animaux ! Dès que je peux remettre Pinder sur la route, je remets Pinder sur la route et pour moi, le cirque, c'est avec les animaux, pas sans."

Des aides jugées "ridicules" par le Marineland 

L’interdiction prochaine de la reproduction et de l'introduction de nouveaux orques et dauphins dans les trois delphinariums français a suscité l’indignation du parc Marineland d'Antibes. "Clairement, l'intention du message de Barbara Pompili, c'est la fin des delphinariums en France. Mais selon quel calendrier, on ne sait pas", a déclaré à l'AFP le directeur général Pascal Picot. Le parc abrite aujourd'hui 12 dauphins, dont deux nés cette année en captivité, et quatre orques.

Le gouvernement va mettre 8 millions d'euros sur la table pour la reconversion des cirques ambulants (les cirques et autres spectacles sédentaires ne sont pas concernés) et des personnels des trois delphinariums du pays. Une enveloppe jugée "ridicule" par le patron du Marineland, qui emploie 160 personnes en contrat à durée indéterminée (CDI) et 500 saisonniers, sans compter une centaine d'emplois en CDI dépendant indirectement du parc. "Ça fait 400 euros par licenciement", calcule Pascal Picot. 

Europe 1
Par Pierre Herbulot, édité par Julien Ricotta avec AFP