Bidonvilles Roms : un collectif d'associations appelle à la "trêve scolaire"

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Des associations tirent la sonnette d'alarme dans une tribune publiée par le "JDD" (photo d'archives).
Des associations tirent la sonnette d'alarme dans une tribune publiée par le "JDD" (photo d'archives). © JEFF PACHOUD / AFP
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En 2018, "171 expulsions ont jeté à la rue 10.000 personnes", pour la plupart Roms ou perçues comme telles, et habitant des squats ou des bidonvilles, soit une hausse de "près de 40%" par rapport à l'année précédente, selon une tribune publiée dans le "Journal du Dimanche". 

Un collectif d'associations a appelé dimanche Emmanuel Macron à une "trêve scolaire" dans les démantèlements de bidonvilles roms, qui ont encore augmenté l'an dernier, dans une tribune au Journal du dimanche

Une hausse de "près de 40%". "Monsieur le Président, il est temps que vos paroles se transforment en actes afin de mettre en place une réelle politique nationale, volontariste et adaptée, de résorption des bidonvilles", affirme Nathalie Godard, la présidente du collectif national droits de l'homme (CNDH) Romeurope, qui rassemble 48 associations. En 2018, "171 expulsions ont jeté à la rue 10.000 personnes", pour la plupart Roms ou perçues comme telles, et habitant des squats ou des bidonvilles, soit une hausse de "près de 40%" par rapport à l'année précédente, rappelle la tribune.

Or "pour 85% des personnes expulsées", cela s'est fait "sans rien proposer de stable" en matière de relogement, déplore le collectif, pour qui "cette politique indigne fait perdurer les bidonvilles au lieu de les faire disparaître". Une circulaire interministérielle de janvier 2018 visait pourtant une "réduction durable dans les cinq ans" du nombre de bidonvilles, en dépassant l'approche centrée sur les évacuations. Mais "les faits sont en contradiction avec ce discours ambitieux", ajoute la tribune.

"La trêve scolaire n'existe toujours pas". Avec la hausse des expulsions "la trêve scolaire n'existe toujours pas", et "ce sont des mois, voire des années d'école perdus, pour ces enfants qui ont tant besoin d'accéder à l'éducation". Donnant en exemple les expériences de relogement menées à Montpellier et Villeurbanne notamment, les associations appellent à "augmenter significativement" le budget de 4 millions d'euros alloué à la résorption des bidonvilles, dans le cadre d'une "urgence sociale".

"Il est indigne qu'en France en 2019, des enfants et des familles n'aient ni un toit stable sur la tête ni accès à l'éducation et aux autres droits fondamentaux que sont le travail, la culture et l'accès aux soins", conclut la tribune.