Baisse de 7% du nombre de médecins généralistes en 2018 : "Ça va continuer à s'aggraver"

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Pour Jacques Battistoni, le directeur de MG France, la baisse du nombre de médecins généralistes devrait se poursuivre en raison du vieillissement de la population. De quoi obliger à repenser le fonctionnement de notre système de santé.

INTERVIEW

L'offre médicale française se tend. Si le nombre total de médecins en France a légèrement augmenté en 2018 (plus 0,5%), le nombre de généralistes marque un net recul avec 6,8% de moins, selon les chiffres l’Atlas de la démographie médicale, publiés par l'Ordre national des médecins. "C'était prévisible. On le savait depuis longtemps et ça va continuer à s'aggraver", prédit au micro de Matthieu Noël, sur Europe 1, Jacques Battistoni, le directeur de MG France, la Fédération française des médecins généralistes.

Les départs en retraite plus nombreux que les prises de fonction. Cette baisse s'explique par la différence entre le nombre des médecins qui, chaque année, partent à la retraite et les jeunes qui arrivent dans le secteur, mais qui sont moins nombreux. "Chaque année, il y a environ une différence de 3.500 médecins", pointe Jacques Battistoni. Actuellement, un quart des généralistes exerçant a plus de 60 ans.

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Un métier difficile a exercer. "Il n'y a pas de crise de vocation", assure toutefois le syndicaliste, même s'"il y a une difficulté pour les médecins de choisir la médecine générale parce qu'elle est souvent la moins bien rémunérée et celle qui a le plus de contraintes de travail." Il appelle donc les autorités à augmenter l'attractivité de la discipline, notamment en lui donnant plus de moyens pour exercer. Il cite ainsi les assistants médicaux, dont un recrutement de 4.000 agents a déjà été annoncé par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, dans le cadre de sa réforme du système de soins.

Repenser l'offre de soins. "La diminution se fera de toute façon, donc il faut trouver les moyens de prendre en charge une population qui, elle, est de plus en plus nombreuse", rappelle Jacques Battistoni, qui estime que les maisons de santé partagées entre plusieurs communes et la télémédecine peuvent apporter des solutions. "Le contact humaine reste irremplaçable, et il y en aura toujours besoin", veut-il toutefois nuancer.