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Le généticien, président de la Ligue nationale contre le cancer, déplore mercredi sur Europe 1 la stratégie, par trop prudente à son goût, du gouvernement français sur la vaccination contre le coronavirus, notamment en matière de communication. "Elle n’est pas adaptée à une situation qui est très périlleuse", alerte le médecin.
INTERVIEW

La campagne de vaccination a débuté très lentement en France, notamment comparée à nos voisins européens. Face à la grande réticence d’une partie de la population, le gouvernement a choisi la prudence, alors même que la circulation du coronavirus reste à un niveau élevé en France, et que le Conseil scientifique alerte sur le risque d’une "reprise incontrôlée" de l’épidémie après les fêtes. Il s’agit là, pour le généticien Axel Kahn, invité d’Europe 1 mercredi matin, d’une "très importante erreur stratégique de communication" de la part de l’exécutif.

Si le généticien rappelle qu'il y a en France entre 30 et 35% de "vaccino-sceptiques" pour lesquels "on ne pourra rien", il appelle à cibler les "personnes terriblement hésitantes". "Et pour ces personnes, il faut certainement leur apporter la vérité et la transparence, mais également de l’enthousiasme, que diable !", s'emporte Axel Kahn. "Ça n’est pas en avançant à tout petit pas qu’on arrivera à les convaincre, au contraire. On va les convaincre qu’en effet, si on va si lentement, c’est qu’on n’est pas sûr de soi et qu’il y a un danger."

"C'est normal de demander le consentement. Mais il ne faut pas exagérer !"

"Parfois, quand j’entends la communication sur tous les dangers possibles du vaccin, les précautions, le fait qu'on peut déclarer des d’effets indésirables, le fait qu’on est prêt à arrêter la vaccination, les 100 personnes qui ont été vaccinées alors qu’il y a déjà plus de 5 millions de personnes vaccinées dans le monde... Je ne comprends pas", se désole encore le président de la Ligue nationale contre le cancer. "Alors même que moi-même, je suis décidé à me faire vacciner le plus tôt possible, je me prends à douter. Honnêtement, ce n’est pas possible !"

Pour appuyer son propos, Axel Kahn s'appuie sur la politique de consentement du patient vacciné, bien plus longue en France qu'ailleurs. "Il est normal de demander le consentement. C’est vraiment profondément ma culture et le consentement est au centre de ma réflexion. Mais il ne faut pas exagérer !", s'agace une nouvelle fois le généticien. "Pour obtenir le consentement, on peut le faire avec la clarté, avec ce sens de l’enthousiasme que j’évoquais. Ou alors avec une procédure d’une lourdeur administrative qui finit par être dissuasive. Je suis atterré qu’avec cette procédure de consentement, sur 200 personnes dans un Ehpad, 70 personnes simplement aient consenti. Il faut savoir raison garder", conclut le médecin.