Attentat de Strasbourg : "La justice a fonctionné normalement" dans le suivi du tireur, assure Youssef Badr

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Le porte-parole du ministère de la Justice Youssef Badr a assuré mercredi sur Europe 1 qu'il n'y avait pas eu de "dysfonctionnement" de la justice dans le suivi de Chérif Chekatt. 

INTERVIEW

Fiché S, condamné à 27 reprises en France, en Allemagne et en Suisse, signalé pour radicalisation… : Chérif Chekatt, l’auteur présumé de l’attentat de Strasbourg, toujours en fuite mercredi, présente de lourds antécédents judiciaires. Pour autant, le porte-parole du ministère de la Justice a assuré mercredi sur Europe 1 que la justice n’avait pas failli dans la surveillance de cet ancien détenu. "Je comprends que les gens soient interpellés, mais c’est le signe justement d’un fonctionnement normal de la justice. Cette personne a été condamnée plusieurs fois à de lourdes peines de prison, et elle en est sortie", a expliqué Youssef Badr au micro de Matthieu Belliard.

"Le risque zéro n'existe pas". "Et la justice continuera de le condamner. Là où il y aurait dysfonctionnement, c’est s’il y avait eu un suivi ou si on découvrait qu’il y avait quelque chose qui n’avait pas été respecté d’un point de vue juridique", développe-t-il. Youssef Badr souligne que si Chérif Chekatt a présenté des signes de radicalisation, "détectés en prison", "cela ne signifie pas à ce stade qu’il s’est radicalisé en prison", nuance-t-il. Et de marteler : "Vous ne pouvez pas empêcher quelqu’un de passer à l’acte. Le risque zéro n’existe pas, on essaie juste de le limiter le plus possible."

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Un strict suivi des sortants. Le porte-parole de la Chancellerie insiste par ailleurs sur les mesures de surveillance mises en œuvre pour les détenus sortants de prison et condamnés pour des infractions terroristes ou pour ceux condamnés pour des faits de droit commun et présentant des signes de radicalisation. "Pour les sortants, il n’y a aucune sortie sèche. Tout est anticipé : il y a une surveillance judiciaire pour ceux condamnés à des peines de plus de sept ans, avec suivi et obligations (…) Pour les peines inférieures à sept ans, il y a aussi un suivi post-peine (…) Pour chaque individu, on détermine quel service serait le mieux à même d’assurer un service de renseignement", a-t-il détaillé.

Selon Youssef Badr, quelque 20 à 30 détenus condamnés pour des infractions en lien avec le terrorisme devraient sortir de prison courant 2019 de France.