Arrestation illégale et violente à Marseille : prison ferme en appel pour deux policiers

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Police Marseille
Des caméras de vidéosurveillance avaient filmé l'interpellation musclée de Jamshed, un Afghan de 27 ans, à Marseille, le 12 avril. Photo d'illustration. © AFP
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Trois policiers ont été condamnés mardi en appel à des peines de trois ans de prison dont deux ans ferme, 18 mois de prison dont un an ferme et six mois de prison avec sursis. Ils étaient jugés pour l'arrestation illégale et violente d'un réfugié afghan à Marseille, en avril dernier.

"Un 'Orange mécanique' en uniforme" : deux policiers ont été condamnés mardi en appel à des peines d'emprisonnement ferme pour l'arrestation illégale et violente d'un réfugié afghan à Marseille. L'un a été condamné à trois ans de prison dont deux ans ferme et l'autre à 18 mois de prison dont un an ferme. Le troisième membre de cet équipage de la CRS autoroutière, une jeune femme, adjoint de sécurité, a écopé de six mois de prison avec sursis devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

Tous les trois avaient été jugés en comparution immédiate début mai à Marseille ; les deux premiers avaient été condamnés respectivement à quatre ans ferme et 18 mois ferme. Incarcérés après le prononcé de la condamnation, ils comparaissaient détenus mardi devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Les deux policiers, qui sont interdits d'exercer dans la police définitivement pour l'un, et pendant trois ans pour l'autre, n'ont toutefois pas été maintenus en détention. 

Le jeune homme abandonné dans un terrain vague

Des caméras de vidéosurveillance avaient filmé l'interpellation musclée de Jamshed, un Afghan de 27 ans, porteur d'un titre de séjour, le 12 avril sur le Vieux-Port de Marseille. À la suite de celle-ci, le jeune réfugié avait été abandonné 30 km plus loin dans un terrain vague où il affirme avoir été frappé. "J'ai eu peur de perdre ma vie là-bas", a indiqué mardi Jamshed, à l'aide d'un interprète, accusant l'un des policiers de lui avoir donné des "coups comme un boxeur".

Dans un réquisitoire sévère contre les forces de l'ordre, l'avocat général Thierry Villardo a dénoncé une "arrestation arbitraire" dans le but d'une "justice privée", évoquant même un "'Orange mécanique' en uniforme". "Dans cette affaire, comment les citoyens peuvent-ils avoir confiance dans la police?", a-t-il lancé, avant de requérir des peines quasiment équivalentes aux condamnation de première instance prononcées pour enlèvement et séquestration, faux et violences volontaires contre les deux policiers les plus impliqués, jamais condamnés auparavant.