Arrestation illégale et violente : prison ferme pour des policiers à Marseille

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© JEFF PACHOUD / AFP
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Les policiers, qui intervenaient dans le cadre du contrôle du confinement, soupçonnaient Jamshed, un Afghan de 27 ans, d'avoir craché sur deux passants qui lui auraient refusé une cigarette. 

Deux policiers ont été condamnés mercredi en comparution immédiate à Marseille respectivement à quatre ans et à 18 mois de prison pour l'arrestation illégale d'un jeune réfugié afghan, abandonné 30 km plus loin dans un terrain vague où il affirme avoir été frappé.

Ils ont été incarcérés après le prononcé de cette condamnation pour enlèvement et séquestration, faux et violences volontaires. Le troisième membre de cet équipage de la CRS autoroutière, une jeune femme, adjoint de sécurité, a écopé d'un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille. Des caméras de vidéosurveillance avaient capté l'interpellation musclée de Jamshed, un Afghan de 27 ans, porteur d'un titre de séjour, le 12 avril sur le Vieux-Port de Marseille.

"Ces policiers n'ont pas été dignes de leur uniforme"

Les policiers, qui intervenaient dans le cadre du contrôle du confinement, le soupçonnaient d'avoir craché sur deux passants qui lui auraient refusé une cigarette. Il avait été projeté contre le véhicule de police après une clé de bras puis placé à l'intérieur. Selon l'adjoint de sécurité qui a procédé au menottage, le chef de bord, le brigadier Michel Provenzano, 46 ans, "s'est énervé à partir de là". Les fonctionnaires évoquent des doigts d'honneur et des invectives. Le jeune homme avait été transporté sur un terrain isolé à Châteauneuf-les-Martigues, à une trentaine de kilomètres de Marseille où, toujours selon l'adjoint de sécurité, il aurait reçu "un coup de poing ou une gifle", des coups contestés par ses deux collègues.

Les deux hommes avaient ensuite rédigé un faux procès-verbal indiquant avoir laissé le jeune réfugié à l'Hôtel de police. La peine de quatre ans de prison, à l'encontre de M. Provenzano, est supérieure aux trois ans requis par la procureure Virginie Tavanti selon laquelle ces policiers "n'ont pas été dignes de leur uniforme". La peine de 18 mois de prison infligée à son collègue Mathieu Coelho est quant à elle conforme aux réquisitions.