Affaire du Sea-Watch : 63 députés dénoncent une "dérive inquiétante"

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Arrêtée pour "résistance ou violence envers un navire de guerre", Carola Rackete risquait jusqu'à dix ans de prison.
Arrêtée pour "résistance ou violence envers un navire de guerre", Carola Rackete risquait jusqu'à dix ans de prison. © Federico Gambarini / dpa / AFP
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Dans leur tribune parue dans le JDD, les députés réclament "que les États européens se mettent d'accord au plus vite pour trouver au niveau européen un mécanisme de débarquement qui permette que la responsabilité ne repose pas sur un seul État mais sur plusieurs".

Soixante-trois députés du centre et de gauche dénoncent une "dérive inquiétante" consistant à "emprisonner des personnes qui sauvent des vies", après l'arrestation un temps en Italie de la capitaine du Sea-Watch, dans une tribune publiée par le JDD.

Carola Rackete a été arrêtée la semaine dernière pour avoir accosté sans autorisation à Lampedusa afin de débarquer 40 migrants secourus en mer. Mardi, une juge italienne a invalidé son arrestation, au motif qu'elle avait agi pour sauver des vies, mais elle est toujours visée par deux enquêtes.

Opposés aux sanctions pour les deux capitaines incriminées

"Nous, députés de tous bords, nous opposons fermement à la dérive inquiétante qui consiste à emprisonner des personnes qui sauvent des vies", écrivent les députés, emmenés par Nadia Essayan (MoDem). Outre le cas de Carola Rackete, ils citent aussi celui d'une autre capitaine, Pia Klemp, "qui a également sauvé de nombreuses vies en Méditerranée" et "reste poursuivie par la justice italienne". 

"L'arrestation de ces deux femmes et les poursuites intentées contre elles ont soulevé l'indignation au-delà des frontières. Ni elles, ni leurs équipages, ni les ONG propriétaires des bateaux ne peuvent être passibles de sanctions pour des actes humanitaires", affirment les députés. Ils réclament "que les États européens se mettent d'accord au plus vite pour trouver au niveau européen un mécanisme de débarquement qui permette que la responsabilité ne repose pas sur un seul État mais sur plusieurs".

Favorables à la "dépénalisation du délit de solidarité"

Ils plaident aussi pour que le débat "sur la dépénalisation du délit de solidarité" soit "ouvert au niveau européen, afin que le 'principe de fraternité' gagne du terrain". Les Sages avaient consacré en juillet 2018 ce "principe de fraternité" au nom duquel une aide désintéressée à des étrangers ne saurait être poursuivie ("délit de solidarité").

Parmi les signataires figurent plusieurs députés LREM comme Barbara Pompili et Aurore Bergé, plusieurs députés MoDem comme Richard Ramos et Bruno Joncour, et des députés hors de la majorité comme Matthieu Ophelin (ex-LREM), Ericka Bareigts (PS), Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), Paul Molac (Libertés et territoires) et Delphine Batho (Génération écologie).