A l'hôpital de Cherbourg, la fermeture du service d'oncologie indigne les infirmières, "très en colère"

  • A
  • A
Image d'illustration 1:19
Image d'illustration © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Partagez sur :
Depuis le début des vacances scolaires, le service oncologie de l’hôpital de Cherbourg est fermé. Le manque d'effectifs a poussé la direction à transférer l’intégralité du personnel soignant, et leurs patients, vers d'autres unités. Une décision "inacceptable" pour les infirmières du service. 

Il manque environ une douzaine d'infirmières et d'aides-soignantes pour faire correctement tourner l'hôpital de Cherbourg. Pour faire face à cette pénurie de personnel, décision a donc été prise, au début des vacances scolaires, de fermer l’intégralité du service d’oncologie, le plus petit de l’hôpital. La dizaine de patients, très fragiles, ainsi que le personnel, ont été transférés dans d'autres services. Une décision qui indigne les infirmières. "Quand elles ont appris ça, les infirmières et les aides soignantes ont été sonnées, et très en colère", affirme Sylvie Mériel, secrétaire FO à l'hôpital de Cherbourg.

"Il va mourir dans un service où il ne connaîtra personne"

Principale cause de la colère du personnel, les infirmières transférées ne s’occupent plus des patients du service oncologie. "L’une d’entres elles m’a dit, 'ce patient là, il est muté, je ne vais peut-être pas le revoir. Ça fait des années que je le suis, il va mourir dans un service où il ne connaîtra personne’. Pour elle, c’était inacceptable." Sylvie Mériel explique que la fermeture du service "casse quelque chose" dans la relation soignants-patients, "hyper importante dans ce genre de prise en charge".

Pour elle, c'est une preuve de plus que le dialogue entre direction de l'hôpital et personnel soignant est rompu. "La direction a nié la dimension relationnelle du soin. Il y a vraiment un fossé entre les soignants et la direction. On ne se comprend plus." Et de conclure : "La direction nous parle d’efficience, de rentabilité. Les soignants parlent de qualité de soin. Personne ne s’y retrouve." 

Europe 1
Par Romane Hocquet, édité par Laetitia Drevet