Génocide rwandais : Péan relaxé

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La Cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi formé par SOS Racisme contre l'écrivain Pierre Péan, relaxé des chefs de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale à la suite de son livre sur le génocide rwandais "Noires fureurs, blancs menteurs".

Dans ce livre sur le génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie, Pierre Péan soutient que "la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis et dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus". Dans les quatre pages incriminées, il cite un historien tutsi, selon lequel "dès leur plus tendre enfance, les jeunes Tutsis étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance". Enfin, il fait référence au langage colonial d'un ancien agent territorial qui écrivait en 1940 : "C'est ce qui fait de cette race l'une des plus menteuses qui soit sous le soleil".

En 2006, de telles affirmations avaient décidé SOS Racisme à porter plainte. Mais le 7 novembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Pierre Péan et son éditeur Claude Durand, une décision confirmée le 19 novembre 2009 par la cour d'appel de Paris.

La cour avait estimé que, même si la formulation pouvait légitimement heurter, les propos poursuivis ne contenaient néanmoins aucun appel ni aucune exhortation à la discrimination, à la haine ou à la violence contre les Tutsis. SOS Racisme s'était alors pourvu en cassation. Le parquet général en revanche ne s'était pas joint à ce pourvoi, ce qui signifiait que la relaxe de Pierre Péan était définitive. Seuls étaient en jeu les "intérêts civils", en d'autres termes d'éventuels dommages-intérêts.