BHL : "j'ai contribué à faire tomber un dictateur" (E1)

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Bernard-Henri Lévy est revenu jeudi soir au micro d'Europe 1 sur son implication dans le conflit libyen. Le philosophe a été un des premiers à se rendre en Libye, dès le mois de février. "Le raisonnement était très simple, il y avait un fou sanguinaire au pouvoir, face à lui, il y avait une révolte, et le fou sanguinaire dit : 'je vais mater la révolution dans le sang, je vais faire un bain de sang'. Ça a été pour moi le déclic", confie-t-il.

"Une fois que j'y ai été, je me suis dit : il faut faire quelque chose. Il y a un truc qui est inscrit dans la loi internationale depuis quelques années qui s'appelle la responsabilité de protéger. La communauté internationale ne peut pas rester les bras croisés quand on réduit un peuple en charpie", poursuit-il.

Le samedi 5 mars, BHL décide donc de passer un coup de fil à Nicolas Sarkozy pour l'inciter à prendre position en faveur des rebelles libyens. "Je sentais en moi une telle rage, je voyais autour de moi une telle détresse, je me suis dit : il faut tenter le tout pour le tout, il faut lancer une bouteille à la mer. Le coup de fil à Sarkozy, c'était une bouteille à la mer. Je n'avais aucune espèce d'idée, ni que j'allais tomber sur lui, ni qu'il allait me prendre au téléphone et encore moins qu'il allait m'entendre", raconte-t-il.

Durant près de six mois, Bernard-Henri Lévy a servi d'intermédiaire entre les rebelles libyens et le gouvernement français. Un rôle qu'il raconte dans son ouvrage paru en novembre dernier, La guerre sans l'aimer. "Si j'ai joué un rôle dans cette affaire, c'est en assurant le contact, la liaison entre la France et les rebelles libyens. Contrairement aux diplomates, j'étais complètement libre", commente l'écrivain. "J'ai réussi à amener au président de mon pays les représentants de la Libye (...) J'ai contribué, derrière le président de la République, à empêcher un bain de sang, à faire tomber un dictateur", se félicite-t-il.

BHL espère toutefois que l'engagement de la France en Libye va se poursuivre sous une autre forme. "L'histoire est ouverte. Il nous appartient, nous qui avons joué un vrai rôle dans la chute du dictateur, de favoriser, encourager, aider les démocrates contre les fanatiques", estime-t-il.