Attaque du Hamas en Israël : des terroristes animés par «la passion du mal», pour Bernard Henri-Lévy

BHL berk berk
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Le philosophe, devenu commentateur des conflits contemporains au fil de ses publications, sort un nouveau livre : "La Solitude d'Israël". Dans ce plaidoyer, il revient sur l'attaque du Hamas du 7 octobre dans l'État juif, où il s'est rendu dès le lendemain. Il se confie au micro de Thomas Isle, dans "Culture Médias".

Tout juste sorti d'un documentaire sur la ligne de front en Ukraine, il a pris "le premier avion possible" direction Israël, au lendemain de l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. D'abord dans les villes du sud endeuillées, puis dans les kibboutz, Bernard Henri-Lévy a documenté, à sa manière, la plus grande attaque envers la communauté juive depuis la Seconde Guerre mondiale. Invité de Culture médias ce lundi, le philosophe "le plus mobile de sa génération" se confie sur son dernier ouvrage, La Solitude d'Israël.

"Ils font le mal pour le mal"

Dans ce plaidoyer, il y dépeint les premiers jours dans un pays meurtri après l'attaque du Hamas. "J'ai vu un Israël en état de choc, traumatisé", évoque le philosophe. Il décrit des terroristes du Hamas animés par "la passion du mal". "Ils en sont fiers. Ils font le mal pour le mal. En général, on fait le mal pour la passion de la revanche, le désir de conquête d'un territoire ou la volonté d'imposer une idéologie", explique-t-il au micro de Thomas Isle.

A contrario d'autres crimes de guerre par le passé, ils auraient selon BHL une volonté "d'exhibition". "Ces terroristes du Hamas, comme les terroristes de Daesh qui alignaient des prisonniers sur une plage pour les décapiter à la chaîne, comme les terroristes d'Al-Qaïda qui avaient décapité Daniel Pearl (journaliste américain pris en otage en 2002 au Pakistan, ndlr), eux, leur passion, c'est la passion du mal", développe-t-il.

Position tranchée

Un livre pour également dénoncer l'inaction de la communauté internationale. "1.2 million de personnes innocentes se massent à Rafah. Israël dit sur tous les tons qu'il ne lancera pas son offensive tant que ces réfugiés ne seront pas à l'abri, évacués. Et il y a une manière très simple : il faut que les Égyptiens entrouvrent leur frontière et les accueillent à titre précaire, pour seulement quelques semaines. Pourquoi ils ne le font pas ?", s'indigne Bernard Henri-Lévy.

Sa position, très tranchée, a d'ailleurs fait polémique. Invité de l'émission Quelle Époque ! samedi 23 mars, le ton est monté entre l'essayiste et la rédactrice en chef de Marianne, Natacha Polony. Cette dernière rappelle que s'il est nécessaire de condamner l'attaque du 7 octobre, "le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne mérite pas un soutien inconditionnel". "Ça s'appelle des crimes de guerre de bombarder une population civile, de la priver d'électricité, d'eau et de médicaments", avait-elle rétorqué à BHL, considérant que le soutien à la politique menée actuellement par Israël avait pour effet de "fabriquer des générations de soutiens du Hamas".