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Justin Morin, édité par Julien Vattaire
Une semaine après l'épisode d'inondations dans le sud de la France, la question des problèmes d'aménagement et d'urbanisme se pose. Aujourd'hui, construire partout n'est plus possible, en particulier dans les communes situées en zones sensibles, même si des projets y voient encore le jour. Exemple d'un centre commercial dans le Gard.
REPORTAGE

Aujourd'hui, construire partout n'est plus possible. Les communes ont chacune un plan de prévention des risques inondations afin d'éviter les catastrophes en particulier dans les zones sensibles. C'est le cas pour les communes qui ont été touchées le week-end dernier par les inondations. C'est aussi le cas pour les communes proches de la rivière du Gardon dans le département du Gard, voisin du Var dont les crues ont déjà fait de gros dégâts par le passé. Pourtant, à Alès, un centre commercial construit l'année dernière vient d'ouvrir ses porte, en septembre dernier, en pleine zone inondable et ce, malgré les recours en justice de l'Etat.

Le promoteur immobilier Foncière de France s'est battu pendant près de 20 ans pour ce projet. En 2010, le plan de prévention du risque inondation établi par la préfecture interdit toute construction sur le site. Il y a un risque lié à la rupture d'une digue. Ce plan est donc immédiatement contesté devant la justice. Ce n'est qu'il y a deux ans, après sept années de procédure que le Conseil d'Etat et la cour d'appel de Lyon l'ont définitivement validé.

"Ça parait invraisemblable"

Mais, ça n'a pourtant pas empêché le promoteur immobilier de lancer les travaux, assure Rémy Coulay, président de l'association Saint-Hilaire Durable. "Le promoteur a profité du permis qui lui avait été attribué antérieurement pour poursuivre ses travaux, les mener à terme. Ça parait d’autant plus invraisemblable à la lumière de cette inondation catastrophique de 2002. Il a bien été dit que pour donner suite aux inondations, on allait tirer les leçons au niveau de l’urbanisation".

La mairie d'Alès qui a délivré le permis de construire n'a pas souhaité répondre aux question d'Europe 1. Le promoteur répond que tout a été fait dans les règles et rappelle surtout que le site a été épargné par les pires inondations de 1958 et 2002. La Foncière de France critique un principe de précaution fantaisiste alors qu'une centaine d'emplois a été créée. La préfecture s'accroche à une nouvelle décision du tribunal administratif de Nîmes attendu l'an prochain.