Le syndrome du glissement, ou quand les séniors perdent le goût de la vie

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Le syndrome du glissement touche les personnes âgées de plus de 70 ans. 5:09
Le syndrome du glissement touche les personnes âgées de plus de 70 ans. © GERARD JULIEN / AFP
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Avec ce nouveau confinement, les personnes âgées sont les premières à être isolées. Il faut qu'elles soient surveillées et entourées, notamment pour ne pas être victime du "syndrome du glissement". Une pathologie que nous explique le Dr Jimmy Mohamed, chroniqueur à Europe 1, dans l'émission Sans rendez-vous.

C'est une pathologie méconnue dont nous parle le Dr Jimmy Mohamed dans Sans rendez-vous, sur Europe 1, jeudi. Le "syndrome du glissement" peut s'avérer fatal pour certaines personnes âgées. Et avec le nouveau confinement qui a débuté hier soir, il est encore plus important, selon lui, de veiller sur nos aînés.

Qu'est-ce que "le syndrome du glissement" ? 

Cette pathologie n'a été décrite que très récemment, par le gériatre français Jean Carrié. En 1956, il fait des recherches sur "les modes de décès des vieillards à l'hospice" et théorise un syndrome, qui touche les personnes âgées de plus de 70 ans. Certaines personnes vont se laisser aller après un changement de vie quelconque : une chute, une intervention chirurgicale, un décès, une infection ou encore un placement en maison de retraite. Le syndrome de glissement, c'est finalement se "laisser glisser le long de la vie", comme si l'on attendait la mort. Cette pathologie est sous-estimée, mais elle reste rare : 1% à 4% des personnes âgées souffrent de cette pathologie de manière aigüe.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Les personnes touchées perdent goût à la vie. Elles refusent de s'alimenter, de boire, de discuter, de parler mais aussi de prendre leur traitement. Cela va entraîner des carences, parfois même de la dénutrition, de la déshydratation et une certaine désorientation. L'évolution du syndrome est très dangereuse car dans 80% ou 90% des cas, les personnes décèdent lorsqu'il n'y a pas de prise en charge. 

Est-il possible de se soigner ? 

Pas vraiment. Il vaut mieux éviter l'installation de ce syndrome du glissement. Pour cela, il faut préparer tous les changements de la vie qui vont accompagner une personne âgée. Avant une opération d'une hernie ou d'une prothèse par exemple, il est nécessaire de bien expliquer le contexte et que la personne se sente entourée. Si l'on attend la dernière minute, c'est la catastrophe puisqu'il faudra agir en urgence et passer par l'hôpital.

Europe 1
Par Jimmy Mohamed édité par Manon Bernard