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Nos données de santé utilisées pour entraîner une IA ? Tout comprendre au projet de recherche bientôt mené par Doctolib

[Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À compter du mois d'août, Doctolib, la plateforme de réservation de rendez-vous médicaux, va mener un projet destiné à collecter des données de santé de ses utilisateurs afin d'étudier comment des outils d'intelligence artificielle peuvent aider à mieux anticiper certains risques. La plateforme promet néanmoins de ne jamais divulguer l'identité des patients qui peuvent d'ailleurs s'opposer à l'utilisation de leurs données. 

Si, comme 50 millions de Français, vous utilisez Doctolib pour prendre vos rendez-vous médicaux, vous avez peut-être reçu ce mail intitulé "Doctolib s'engage dans la recherche pour améliorer la santé". Sur l'un des liens cliquables dans ce courriel, la plateforme précise : "A partir d'août 2026, nous collaborerons avec une équipe de recherche associée à trois institutions scientifiques françaises de premier plan sur le projet 'Améliorer le parcours de soins grâce à l'Intelligence artificielle'". 

En coordination avec l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'Université Paris Cité, Doctolib s'apprête, en effet, à mener un projet visant à étudier comment des outils d'intelligence artificielle peuvent aider à mieux anticiper certains risques. Conduit par une chercheuse de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), ce projet s'appuiera sur l'historique médical des patients afin de mieux organiser et coordonner les parcours de soin, indique Doctolib auprès d'Europe 1. 

L'identité des patients jamais dévoilée

Sur son site internet, la plateforme précise que "seules les données strictement nécessaires à la finalité de l’étude sont utilisées" et assure veiller "à ce qu’aucun patient ni aucun praticien ne puisse être directement identifiable". 

Car c'est bien sur ce point précis que Doctolib insiste. S'il n'est pas question d'anonymiser les données, la chercheuse de l'Inria en charge du projet ne pourra jamais avoir accès à l'identité d'un patient. "L'anonymisation et la pseudonymisation ont des définitions juridiques précises, encadrées par le RGPD", souligne Doctolib. "La pseudonymisation est une mesure de sécurité qui empêche d'identifier directement les personnes et permet de préserver le secret sur leur identité", poursuit la plateforme. De son côté, l'anonymisation empêche purement et simplement de corréler des informations concernant une personne et ne permet donc pas de mener à bien le projet dont il est question ici.

À travers ce projet, il s'agit d'offrir aux professionnels de santé une assistance dans la prévention des risques sans pour autant lui retirer la décision finale qui devra toujours lui appartenir. Pour les patients, cette optimisation via l'IA a pour objectif de mieux évaluer le niveau d'urgence, d'orienter de façon plus efficace vers le bon parcours de soin. Le projet souhaite également apporter "une vulgarisation de l'information médicale" et "un soutien à la prévention, au dépistage et à l'observance des traitements", appuie Doctolib. 

Il est possible de s'y opposer

Néanmoins, ce projet est soumis à la méthodologie de référence du MR-004 définie par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) qui "encadre les traitements de données à caractère personnel à des fins d’étude, évaluation ou recherche n’impliquant pas la personne humaine". Doctolib assure que cette méthodologie sera bien appliquée. 

Pour ceux qui ne souhaiteraient pas voir leurs données de santé être exploitées dans le cadre de ce projet, il est possible de s'y opposer "sans aucune conséquence sur leur prise en charge", promet Doctolib. C'est d'ailleurs la Cnil qui contraint la plateforme à solliciter le consentement de ses utilisateurs. Si vous ne souhaitez pas l'accorder à Doctolib, il vous suffit de cliquer sur "m'opposer à l'utilisation de mes données" dans la rubrique "vos données, votre décision" accessible sur le premier lien du mail que vous avez reçu.