L’Androcur, le début d’une nouvelle crise liée à un médicament ?

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© JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP
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Selon une étude réalisée par les autorités sanitaires, l'Androcur pourrait causer des tumeurs au cerveau. Des dizaines de milliers de femmes se sont vues prescrire ce traitement.

S'agit-il des prémices d'une nouvelle crise liée à un médicament ? L'Androcur, un traitement hormonal prescrit depuis les années 1980 à des dizaines de milliers de femmes, notamment contre la pilosité excessive, l'endométriose ou l'acné, est accusé d'augmenter fortement le risque de méningiome, une tumeur bénigne du cerveau. Selon une étude réalisée par les autorités sanitaires, ce risque concerne surtout les prescriptions de longue durée. Et il y en beaucoup.

Cette étude montre qu'après cinq ans de traitement, l'Androcur multiplie par 20 le risque de méningiome. Alors s'il a fallu attendre cette étude pour quantifier ce risque, il est en réalité connu depuis plusieurs années. En 2011, il a même été inscrit sur la notice du traitement. Or, peu de patientes sous Androcur ont été informées.

"Une tumeur saignante, plus quatre autres tumeurs". Pour certaines, c'est souvent le jour du diagnostic de leur tumeur au cerveau qu'elles ont découvert le lien possible avec leur traitement. C'est le cas de Géraldine, 49 ans. Un matin, après 12 ans de traitement, des maux de tête et des hallucinations l'entraînent à l'hôpital. "Je suis allée aux urgences, et après avoir fait l'IRM, on m'a demandé si je prenais Androcur. Alors que je n'avais rien dit. On m'a annoncé que j'avais une tumeur saignante, plus quatre autres tumeurs. J'ai dû être opérée quinze jours après. On m'a dit que j'étais une miraculée", témoigne-t-elle au micro d'Europe 1.

Utilisé pour les mauvaises pathologies. Selon les autorités sanitaires, le principal problème est que ce médicament est bien trop souvent prescrit en dehors des indications autorisées : l'hyperpilosité et certains cancers de la prostate. Mais trop de femmes en ont pris, ou en prennent encore, contre l'endométriose, l'acné ou encore les kystes ovariens.

Europe 1
Par Mélanie Gomez, édité par Anaïs Huet