Les "hôtels hospitaliers" peuvent-ils désengorger les services de soins ?

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Gustave Roussy 2:01
L'institut de cancérologie Gustave Roussy à Villejuif est l'un des 41 centres en France à tester les "hôtels hospitaliers". © JOEL SAGET / AFP
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À Villejuif, l'Institut Gustave Roussy contre le cancer expérimente le dispositif des "hôtels hospitaliers", des établissements qui permettent d'accueillir les patients ne nécessitant pas une surveillance médicale 24 heures sur 24. Cela favorise le désengorgement de certains services de soins.
REPORTAGE

Le risque de saturation que fait peser l’épidémie de coronavirus sur certains services hospitaliers, notamment les réanimations, pourrait permettre à l’avenir de tirer de grands enseignements sur l'organisation du parcours de soins. À l’heure actuelle, certains malades, souffrant de pathologies nécessitant des traitements lourds, sans qu’ils aient besoins toutefois d'être complètement hospitalisés, peuvent bénéficier d’un logement pour une nuit ou deux. Ces "hôtels hospitaliers", expérimentés sur 41 sites à travers la France dont l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, s’adressent notamment aux patients qui vivent loin de leur centre de soins.

"Sans hôtel, on serait un peu coincé, parce que ça représente cinq heures de route depuis Nancy." Ce voyage jusqu’à Villejuif, Édith doit le faire tous les 15 jours afin de recevoir son traitement contre le cancer du poumon. Elle arrive la veille pour se reposer dans une chambre d'hôtel plus confortable qu'à l'hôpital. "Ici, c'est très bien. Je n'ai pas besoin de passer la nuit à l'hôpital, c’est une très bonne solution", explique-t-elle à Europe 1.

"Offrir plus de capacités hospitalières"

Son séjour à environ 70 euros la nuit est pris en charge par l'hôpital, précise Stéphane Paradou, directeur général adjoint du Centre régional de lutte contre le cancer Gustave Roussy. Les nuitées sont proposées aux patients qui n'ont pas besoin de rester sous surveillance médicale. "En majorité, ce sont des patients qui viennent pour des séjours très courts, pour des séances, notamment de radiothérapie ou de chimiothérapie, et qui ne peuvent pas rentrer chez eux le soir", explique le responsable. "Cela permet de désengorger ou en tout cas d'offrir plus de capacités hospitalières, donc d'aller plus vite dans les prises en charge", ajoute-t-il.

Les deux hôtels au pied de l'hôpital accueillent chaque nuit jusqu'à 24 patients. L'année dernière, environ 1.000 personnes ont bénéficié de ce dispositif expérimental.

Europe 1
Par Jihane Bergaoui, édité par Romain David