LA QUESTION SEXO – Comment faire quand la première fois est ratée ?

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"La première fois que j'ai fait l'amour, tout est allé de travers", témoigne Pierre, 18 ans (photo d'illustration). © Pixabay
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Dans l’émission "Sans Rendez-Vous" sur Europe 1, la sexologue Catherine Blanc répond à un auditeur de 18 ans, qui se sent coupable après une première fois ratée avec sa copine.
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Les premières fois ne se déroulent pas toujours comme prévu. Si certaines se passent très bien, elle peuvent parfois mal se dérouler, générant des sentiments de culpabilité ou de peur chez l'un ou l'autre des partenaires qui peut ensuite avoir peur de recommencer. Dans l’émission Sans Rendez-Vous sur Europe 1, Catherine Blanc, sexologue et psychiatre, nous explique pourquoi il n'y pas de raison de se sentir coupable après une première fois qui s'est mal passée. 

La question de Pierre, 18 ans 

"La première fois que j'ai fait l'amour, tout est allé de travers. Par peur de ne pas y arriver, j'ai été très mécanique, un peu brusque sans doute. ma copine, qui était elle aussi vierge, a perdu beaucoup de sang. Je sais que c'est normal et pourtant je culpabilise. Depuis je n'ose plus. Comment faire ?"

La réponse de Catherine Blanc 

La première fois, ce n'est pas parfait, et heureusement d'ailleurs ! Parce que comme ça, on va devoir s'y recoller avec un peu plus d'attention, un peu plus de sollicitude à l'égard de l'autre parce que, justement, on aura mesuré, que de cet empressement, on ne fait pas les choses correctement. 

Ce que dit Pierre est intéressant parce que le problème, et l'avantage, c'est qu'il culpabilise, c'est-à-dire que quand même, ce n'est pas un sagouin. C'est plutôt sain. Il se rend bien compte que certaines choses n'étaient peut être pas de bon aloi. 

Cependant, trop de culpabilité cause de la peur et peut entraîner une difficulté d'érection, une éjaculation rapide pour ne pas faire de mal, pour ne pas brusquer l'autre. Si une femme vierge peut perdre du sang - ce n'est pas automatique -, il n'est pas normal que ce soit hémorragique mais ça ne veut pas dire pas normal à cause de lui, mais pas normal pour elle. 

Est-il surprenant qu'il se sente aussi coupable ? 

Oui et non. Tous les hommes, si on les écoute, ont une grande mission quand ils font l'amour : faire jouir une femme. On ne leur a jamais demandé ça. Comme ils pensent ça, dès que ça se passe mal, ils se sentent tout aussi responsables. 

Si les hommes arrêtaient de se sentir responsables des multiples plaisirs d'une femme, ça permettrait à chacun d'être en son poste, en conscience de son poste, de sa fonction, et de ne pas être toujours en mission pour l'autre. 

Toute l'erreur réside dans le fait qu'on vient faire quelque chose au nom de l'autre, pour l'autre, et on présume de ce que l'autre attend. Finalement, pour un jeune couple qui fait l'amour pour la première fois, deux vierges qui font l'amour ensemble, les deux maladresses se cumulent. 

Comment surmonter cette peur de recommencer ? 

Il faut pouvoir remonter en selle, se dire : 'je vais essayer, je vais être délicat, je vais bander, peut-être avoir peur et débander. Maintenant je sais où mon pénis est censé rentrer, je sais que j'avais finalement peur de débander et que j'y suis allé un petit peu à la hussarde parce que je ne me permettais pas de me donner du temps par peur de perdre ma propre érection. 

Finalement, j'ai fait un peu tout et n'importe quoi, j'ai un peu bousculé une jeune fille qui était elle-même toute à son inquiétude, pas très ouverte, pas très tranquille, pas très accompagnante aussi parce que si elle n'avait pas été vierge, elle l'aurait conduit aussi plus facilement en elle'. 

D'ailleurs, pour tous les jeunes couples, pourquoi faut-il systématiquement qu'un jeune homme veuille pénétrer une jeune femme de lui même de son pénis ? Une jeune femme est tout à fait en capacité de prendre le pénis de l'homme et de le mettre en elle. 

Si les jeunes femmes faisaient ça, elles le mettraient à la mesure de leur capacité à accueillir un pénis en elles plutôt que d'avoir les jambes vaguement ouvertes et d'être un peu inquiètes d'un homme qui n'a pas un œil au bout du pénis et qui est censé trouver une entrée qu'il ne connaît pas lui-même puisque lui-même est vierge et ne connaît pas la physiologie du point de vue de son pénis. 

Europe 1
Par Céline Brégand