Hyper-connexion et dépendance des plus jeunes aux écrans : "Le risque c’est de développer certaines compétences au détriment d’autres"

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Interrogé par Nikos Aliagas, dans la matinale d'Europe 1, le docteur Olivier Phan estime que le temps passé par les plus jeunes devant un écran peut impacter leur développement.
INTERVIEW

Les Français sont de plus en plus connectés. Ils passent en moyenne 4h30 chaque jour devant un écran, soit 8 minutes de plus que l'année dernière, à en croire le dernier baromètre de la fondation APRIL avec le groupe BVA, qui alerte sur les risques sanitaires de l’hyper-connexion, une forme de dépendance aux écrans.

"Les activités se sont multipliées, entre les activités de travail, les réseaux sociaux, les loisirs, les vidéos, les jeux vidéo, de hasard et d’argent… On multiplie les activités sur les écrans", explique au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1, Olivier Phan, addictologue à la fondation santé des étudiants de France.

L’addiction aux écrans, et notamment aux smartphones, se manifeste par la peur de passer à côté de quelque chose. "On avait la même chose à la cour de Versailles, où l’on disait : 'S'y dérober un instant, c’est y renoncer pour toujours'", relève notre spécialiste. "Tout individu a une vie réelle et une vie virtuelle, avec la e-réputation, qui peut avoir des conséquences. Certains y sont trop accrochés, au détriment de la vie réelle, c’est là que commencent les ennuis."

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Les adolescents en première ligne

Surtout, les écrans ont un impact plus important sur les jeunes, chez qui ils peuvent favoriser les troubles du sommeil. "Si vous passez six heures par jour devant un écran, ça va avoir des répercussions au niveau du sommeil, et l’on sait à quel point le sommeil est important pour le développement de l’adolescent", poursuit Olivier Phan.

Et pourtant, ils sont devenus des outils indispensables, même à l’école. "Un certain nombre de devoirs doivent être faits sur tablette et sur Internet. Se pose la question de savoir comment l’enfant, après les cours, va organiser son temps de loisir et de famille. Les écrans sont très attrayants pour les adolescents. Le risque est de développer certaines compétences au détriment d’autres : la lecture, le sport, les activités à fort investissement comme la musique", explique l’addictologue.

"Il y a aussi une augmentation, et c’est particulier aux jeux vidéo, de l’agressivité et de l’intolérance à la frustration", pointe-t-il.

Fixer des règles à la maison

Pour ce spécialiste, il revient aux parents de fixer un cadre, et ce dès le plus jeune âge, de manière à ce que, plus tard, les adolescents puissent d’eux-mêmes se passer d’un écran. "Ne diabolisons pas non plus cet outil, mas il faut faire attention vis-à-vis des plus fragiles. Il faut que les parents fassent l’effort de cadrer les enfants", insiste-t-il. "Plus on apprend tôt à varier les plaisirs, plus il sera facile d’arrêter la tablette parce que l’on saura quoi faire."