Homéopathie : le mode d'évaluation "pas adapté", selon les experts des labos

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Les défenseurs de l'homéopathie défendent un traitement différent en fonction de chaque patient.
Les défenseurs de l'homéopathie défendent un traitement différent en fonction de chaque patient. © FRED TANNEAU / AFP
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Les défenseurs de l'homéopathie ont regretté, mercredi, que la Haute autorité de santé ait porté ses débats sur l'efficacité des médicaments.

Le mode d'évaluation de l'efficacité de l'homéopathie, dont dépendra son éventuel déremboursement, n'est "pas adapté". C'est ce qu'ont affirmé mercredi les experts des laboratoires fabricants, après leur ultime audition par la Haute autorité de santé (HAS).

Nouvelle réunion le 26 juin

"J'ai eu l'impression que nous n'étions pas devant la bonne commission (…), cette audition n'était pas du tout adaptée à notre pratique", a fait valoir l'un de ces experts, le médecin homéopathe Jean-Lionel Bagot, lors d'une conférence de presse. Avec un autre homéopathe, Bernard Poitevin, et un spécialiste de pharmaco-épidémiologie, Patrick Blin, il a été engagé par les laboratoires Boiron, Lehning et Weleda pour plaider leur cause devant la commission de transparence de la HAS.

La commission doit maintenant se réunir le 26 juin pour adopter son avis définitif sur le déremboursement ou non des médicaments homéopathiques, avant d'annoncer son verdict deux jours plus tard. Après cet avis, la décision finale reviendra au gouvernement. Dans son avis provisoire, adopté mi-mai, l'organisme public prônait l'arrêt du remboursement de ces produits, en l'absence d'efficacité prouvée.

Débat sur l'objet de l'évaluation

Lors de l'audition de mercredi, "nous ne venions pas défendre un médicament mais une stratégie thérapeutique qui s'adapte à chaque patient", a argumenté le Dr Bernard Poitevin. Or, "on nous a enfermés dans une discussion concernant des médicaments", a-t-il ajouté. Pour émettre son avis, la HAS doit évaluer le "service médical rendu" par cette famille de produits.

Or, les défenseurs de l'homéopathie prétendent que ces produits ne peuvent pas être évalués comme des médicaments conventionnels, car pour une même maladie, le traitement peut être différent en fonction des caractéristiques des patients. Cette position va à rebours des règles d'évaluation scientifiques. L'audition de mercredi marquait la dernière occasion pour les fabricants de tenter d'infléchir la position de la HAS.

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