Cinq conseils pour choisir des cosmétiques de bonne qualité

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Les produits cosmétiques et d'hygiène multiplient les mentions et labels pour rassurer le consommateur sur la qualité de ses ingrédients. Face à une offre de plus en plus pléthorique, Europe 1 a dégagé cinq conseils pour faire les bons choix pour sa santé.
LE TOUR DE LA QUESTION

Peut-on conserver une crème solaire d'une année sur l'autre ? Peut-on se fier aux mentions "sans parabens" ou "hypoallergénique" ? Les cosmétiques bio sont-ils vraiment meilleurs pour la santé ? Avec ses invitées Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires de la FEBEA (syndicat professionnel du secteur cosmétique), et Pascale Barlet, rédactrice en chef du Guide cosmétiques du magazine UFC-Que Choisir, Wendy Bouchard s'est penchée sur l'industrie des cosmétiques et propose des conseils pour bien choisir ses produits.

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

1 - Rester prudent face aux labels "bio"

Les rayons de produits cosmétiques portant la mention "bio" s'agrandissent de plus en plus dans les supermarchés et les pharmacies. Bien qu'ayant le vent en poupe, ces mentions ne sont pas forcément gage de qualité pour la santé. "Il existe cinq labels bio mais ils sont privés et n'ont pas forcément d'objectivité sur la composition des produits", rappelle Pascale Barlet. Car les marques jouent sur le packaging en intégrant des herbes vertes, du blanc, "c'est ce qu'on appelle le 'greenwashing', et cela a un impact sur l'achat. Le consommateur peut se faire avoir par ce packaging", regrette-t-elle.

Anne Dux rappelle que "la France est le seul pays au monde qui réglemente l'appellation 'produit cosmétique naturel' et 'produit cosmétique biologique'", ce qui leur confère une valeur plus importante que les labels d'autres pays.

2 - Les parabens ne sont pas forcément mauvais pour la santé

Les formules "sans parabens" sont souvent mises en avant comme un argument de vente par les industriels. Mais la directrice des affaires scientifiques du syndicat des cosmétiques rappelle que ces conservateurs ne sont pas tous mauvais. "Vers 2004-2005, une étude japonaise sur les rats a dévoilé qu'un paraben pourrait être un perturbateur endocrinien", explique-t-elle. "Les associations de consommateurs se sont alors emparées du sujet et les industriels ont retiré les parabens de leurs produits pour le remplacer par un autre conservateur qui s'est révélé plus allergisant." 

De son côté, Pascale Barlet maintient une position de prudence. Pour l'UFC-Que choisir, les parabens sont "des perturbateurs endocriniens en puissance. Notre rôle, c'est que le consommateur soit protégé. Donc tant qu'il y a des problèmes, nous faisons en sorte que le produit soit retiré", détaille-t-elle tout en reconnaissant que les industriels "font des efforts".

3 - Apprendre à lire les listes d'ingrédients

Les produits cosmétiques et d'hygiène comportent une liste d'ingrédients qui mélange souvent les termes en anglais (désignant généralement des ingrédients chimiques) et d'autres en latin (d'origine végétale ou naturelle). La composition est ordonnée par ordre décroissant de volume. C'est-à-dire que le premier ingrédient est celui qui représente la plus grande proportion dans le produit. Si celui-ci est un ingrédient chimique, Pascale Barlet conseille de l'éviter. "Ceux qui commence par 'P' ou 'B' sont souvent des perturbateurs endocriniens", ajoute-t-elle.

Anne Dux rappelle de son côté que ces listes d'ingrédients, souvent incompréhensibles, ne sont pas destinée à informer le consommateur mais plutôt à permettre aux personnes allergiques à un composant d'en vérifier la présence ou non dans le produit qui les intéresse. Mais pour plus de transparence, la FEBEA va publier une base de données accessible sur Internet référençant tous les produits utilisables en cosmétique à partir du 1er juillet.

 4 - Les dates de péremption des produits cosmétiques sont indicatives... sauf pour les crèmes solaires

Contrairement aux denrées alimentaires, les produits cosmétiques et d'hygiène se conservent bien plus longtemps. Les parfums, par exemple, se gardent indéfiniment. Pour les autres produits, "la date de péremption indiquée est un choix des industriels. La réglementation indique que pour les produits qui se conservent plus de trois ans, la date qui compte est celle du temps de conservation après ouverture", explique Anne Dux. On la trouve sous forme de logo présentant un pot ouvert avec un nombre de mois après lequel il vaut mieux jeter le produit. De nombreux produits de soins (comme les crèmes de jour, hydratantes...) peuvent se conserver entre un et trois ans après ouverture.

Seule exception : les crèmes solaires. Celles-ci ne se conservent pas d'une année sur l'autre. La dermatologue Isabelle Rousseaux, membre du syndicat des dermatolo, est formelle "un tube de crème ouvert et resté au soleil doit être jeté". La professionnelle explique que ces crèmes conditionnées dans des flacons en plastique contiennent des phtalates qui libèrent des perturbateurs endocriniens à la chaleur." 

Anne Barlet précise également que les crèmes destinées aux enfants contiennent bien moins d'allergènes que celles pour adultes. "Au début de l'été, achetez une crème pour enfants indice 30 au moins et utilisez-la pour toute la famille", conseille la rédactrice en chef de Le guide cosmétiques.

5 - Les mentions "hypoallergéniques" ou "testé sous contrôle dermatologique" sont trompeuses

Parmi les labels destinés à rassurer les consommateurs, on trouve "hypoallergénique" ou encore "testé sous contrôle dermatologique". Or Anne Barlet rappelle que derrière ces mentions, il n'y a aucune obligation de résultats, seulement de moyen. Donc selon elle, "on ne leur fait pas confiance." Par ailleurs, la spécialiste de la protection des consommateurs conseille dans tous les cas de "limiter l'usage des produits, d'aller vers la simplicité" et de ne pas se fier uniquement à une marque vertueuse sur un produit.

Europe 1
Par Marthe Ronteix